Pouvoir d’achat: le gouvernement mise sur une nouvelle étape proactive dans le projet de loi de finances

La cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, devant le Parlement, lundi 19 octobre 2026.

La cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, devant le Parlement, lundi 19 octobre 2026.

Revue de presse À travers le projet de loi de finances 2027, le gouvernement entend franchir un cap dans la restauration du pouvoir d’achat des ménages. La note de présentation du projet annonce le passage d’une logique de gestion des pressions à une approche fondée sur la proactivité et l’organisation : régulation des prix des denrées alimentaires, réforme des circuits de distribution et des marchés de gros, réduction des coûts de l’intermédiation, soutien direct aux revenus et modernisation des filières agricoles et alimentaires. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 26/10/2026 à 18h59

Avec le projet de loi de finances 2027, le gouvernement mise sur le lancement d’une nouvelle étape de mesures visant à atténuer la pression sur le pouvoir d’achat des ménages. Pour ce faire, il entend œuvrer à ramener les prix des denrées alimentaires à des niveaux raisonnables, en assurant un approvisionnement régulier des marchés, en réformant les circuits de distribution et les marchés de gros et en réduisant les coûts de l’intermédiation commerciale.

La note de présentation du projet indique que l’année 2027 connaîtra un tournant qualitatif dans l’action du gouvernement sur la voie de la restauration du pouvoir d’achat, à travers le passage d’une logique de gestion des pressions à une approche reposant en grande partie sur la proactivité et l’organisation. Après les mesures prises en 2026 pour contenir les pressions sur les prix des produits essentiels et assurer l’approvisionnement, les efforts seront orientés, au cours de la prochaine étape, vers l’amélioration de la performance des circuits de commercialisation, rapporte Al Akhbar de ce mardi 27 octobre.

Pour ce faire, il faudra passer par la modernisation des marchés de gros, le renforcement du système d’information relatif aux prix, aux stocks et aux flux, ainsi que par la réduction du coût de l’intermédiation. L’accompagnement des mécanismes liés à la structure des prix sera assuré par des mesures visant directement le revenu des familles, notamment la subvention des prix de l’électricité, l’augmentation du montant minimal de la pension de retraite et des veuves, ainsi que l’engagement de la réforme de l’impôt sur le revenu.

La note souligne que le rétablissement des prix des denrées alimentaires à des niveaux raisonnables nécessite l’amélioration de la maîtrise des coûts de production, de stockage et de transport. Le même document précise que le gouvernement procédera à l’élaboration de plans saisonniers pour l’approvisionnement en produits stratégiques. Ces plans permettront d’adapter les besoins du marché interne à la production prévue, aux stocks disponibles et aux exportations faisant l’objet d’un contrat. Ils permettront également d’identifier les situations de pénurie, d’anticiper la mobilisation des stocks, de soutenir la production et d’autoriser l’importation temporaire.

Selon la note de présentation du projet de loi de finances, le gouvernement procèdera à l’élaboration d’un nouveau cadre législatif qui fixera les conditions de création et de gestion des marchés de grossistes, qu’ils relèvent du secteur public ou privé, ainsi que les responsabilités de l’État et des collectivités locales. Cette réforme comprend également la révision du système des intermédiaires et la séparation des taxes locales de l’obligation de transit effectif par les marchés de gros.

Parmi les projets sur lesquels mise le gouvernement pour la réorganisation des marchés de produits agricoles figure l’engagement de la création de six sociétés régionales de distribution dans les grands bassins agricoles, à savoir le Souss, le Tadla, le Gharb, le Loukkos, les Doukkala, Abda et l’Oriental. Ces sociétés régionales seront créées sur la base d’un cahier des charges unifié prévoyant une retenue annuelle, avec la garantie d’une totale transparence dans les prix et les taxes. Elles ne constitueront pas un intermédiaire public monopolisant les opérations d’achat et de revente, mais fourniront aux agriculteurs et aux coopératives des services de collecte, de tri, de calibrage-conditionnement et de chaîne du froid.

Concernant la maîtrise des prix des viandes, la note souligne que le gouvernement procédera à la mise à niveau des marchés de proximité, des souks hebdomadaires et du commerce ambulant selon des règles sanitaires et organisationnelles simplifiées, tout en œuvrant à moderniser les circuits de commercialisation des viandes et des poissons. Les mesures prises comprennent également l’identification numérique du cheptel et la réhabilitation des marchés du bétail et des abattoirs, écrit Al Akhbar.

Enfin, la note souligne que le gouvernement instaurera un système national d’information sur les marchés des denrées alimentaires, comprenant un panier de produits prioritaires. Ce système permettra d’assurer le suivi des prix au moment de la production, de la vente en gros et au détail, et comprendra des mécanismes d’alerte en cas de hausse inhabituelle des marges commerciales ou de perturbation dans la disponibilité des produits.

Par Hassan Benadad
Le 26/10/2026 à 18h59