Le nouveau gouvernement a présenté son premier projet de loi de finances, marqué par des mesures phares telles que la création de 34.000 postes budgétaires, la réduction des prix de certains produits de base et l’exonération de l’impôt sur le revenu pour la grande majorité des fonctionnaires et des salariés. «Présenté par le ministre de l’Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, lors d’une réunion conjointe de la Chambre des représentants et de la Chambre des conseillers, ce projet ambitionne de traduire concrètement les priorités sociales du programme gouvernemental tout en préservant les équilibres macroéconomiques du pays», écrit le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 26 octobre.
Au cœur de cette vision, la protection du pouvoir d’achat des citoyens occupe une place centrale, en particulier pour la classe moyenne, qui supporte le poids de l’inflation liée au logement, à la santé et à l’éducation. Pour répondre à ces défis, le gouvernement s’engage à poursuivre l’extension de la protection sociale, notamment à travers la revalorisation progressive du salaire minimum, l’amélioration des allocations familiales et l’élargissement de l’accès à l’aide directe au logement. De plus, des actions spécifiques sont menées pour réviser l’impôt sur le revenu, ce qui permettra d’alléger la charge fiscale pesant sur les salariés et les retraités.
Sur le plan fiscal, le projet prévoit une révision progressive de l’impôt sur le revenu d’ici à 2031 afin de redistribuer plus équitablement la richesse et d’encourager l’emploi formel. Cette réforme vise à relever le seuil d’exonération et à adapter les tranches d’imposition pour avantager directement les classes moyennes et laborieuses. «Ces ajustements permettront ainsi d’exonérer de cet impôt environ 87 % des fonctionnaires et des salariés, réduisant significativement leurs charges mensuelles et stimulant leur capacité d’épargne», écrit Al Akhbar.
Parallèlement aux mesures fiscales, le projet accorde une attention particulière aux populations vulnérables et aux veuves à travers des revalorisations notables des pensions et des aides directes. Les veuves éligibles bénéficieront ainsi d’une hausse significative du soutien financier mensuel qui leur est accordé, tandis que le montant minimum des pensions de retraite connaîtra une revalorisation progressive à l’horizon 2031. Ces initiatives visent à garantir une couverture sociale plus inclusive et à consolider le filet de sécurité pour les franges les plus fragiles de la société.
Le volet économique et social s’accompagne également d’un effort notable pour stabiliser les prix des produits de base, de l’eau et de l’électricité, grâce à des interventions ciblées et à la modernisation des circuits de distribution. Le gouvernement entend ainsi maîtriser l’inflation importée et intérieure tout en soutenant l’appareil productif national. Ces actions globales traduisent la volonté de concilier la rigueur budgétaire avec une forte ambition sociale, en plaçant le citoyen au centre des priorités de développement pour les années à venir.
La création de 34.000 postes budgétaires dans divers départements ministériels témoigne de la volonté des pouvoirs publics de dynamiser le marché du travail et de répondre aux attentes de la jeunesse. Ces nouveaux postes seront répartis de manière stratégique entre les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’intérieur et de la défense, garantissant ainsi le renforcement des services publics essentiels. À travers l’ensemble de ces dispositions, ce premier projet de loi de finances de l’exécutif trace les contours d’une politique résolument axée sur la justice sociale et la relance économique.




