Le projet de loi de finances 2027 introduit une nouvelle réforme de la fiscalité du tabac au Maroc, qui sera étalée sur une période de cinq années consécutives allant de 2027 à 2031. Cette mesure vise à prolonger la dynamique engagée lors du cycle précédent tout en prenant de court les distributeurs et opérateurs du secteur, lesquels découvrent l’ampleur des hausses prévues. Les premières estimations tablent sur une augmentation minimale oscillant entre deux et trois dirhams par paquet, indépendamment de la catégorie du tabac concerné, indique le quotidien L’Économiste dans son édition du lundi 26 octobre.
Sur le plan de la structure des prix, cette fiscalité révisée touchera particulièrement les cigarettes d’entrée de gamme ou low-cost par rapport aux produits premium. En effet, plus une marque est bon marché, plus son impact tarifaire sera prononcé en raison du mécanisme de calcul basé sur le minimum de perception. Cette orientation confirme une tendance déjà amorcée lors de la réforme précédente, accentuant la pression sur les segments les plus accessibles du marché.
Parallèlement au tabac traditionnel, la fiscalité de la cigarette électronique connaît également une révision à la hausse dans ce même projet de budget. Le tarif applicable à la taxe intérieure de consommation sur ce produit devrait ainsi passer à cinquante dirhams dès le premier janvier 2027, alourdissant la charge pour les usagers. L’objectif affiché par les autorités à travers cette disposition demeure la lutte contre le tabagisme, en particulier auprès des jeunes et des personnes cherchant à se sevrer en se tournant vers le vapotage, lit-on dans L’Économiste.
Du côté des pouvoirs publics, cette politique fiscale répond à un double impératif de finances publiques et de santé publique. D’une part, elle cherche à accroître les recettes budgétaires indispensables pour financer les politiques sociales et la généralisation de la couverture sociale. D’autre part, elle aspire à décourager la consommation de tabac en agissant directement sur le levier des prix pour freiner ce fléau.
Cependant, cette stratégie suscite de vives inquiétudes parmi les professionnels du secteur quant à sa viabilité économique à long terme. Certains acteurs rappellent que l’augmentation continue des prix se heurte au pouvoir d’achat des citoyens et risque de provoquer une baisse significative du volume des ventes. D’autres avertissent contre des effets pervers majeurs, redoutant notamment un report des fumeurs vers le marché illicite et la contrebande frontalière.
L’efficacité de cette trajectoire fiscale est interrogée au regard des réalisations budgétaires des exercices précédents, qui ont parfois montré un décalage entre les prévisions ministérielles et la réalité du terrain, note L’Économiste. Les opérateurs estiment qu’une évaluation rigoureuse de la réforme précédente aurait été nécessaire avant d’engager ce nouveau cycle de hausses. Ils soulignent que la préservation des équilibres économiques de la filière et la lutte efficace contre les circuits parallèles restent des défis cruciaux pour l’avenir.




