Transport touristique: face à la flambée du prix du gasoil, la profession réclame un plan d’urgence

Pistolet de distribution de carburant. . DR

Revue de presseAsphyxiés par l’envolée des prix du carburant et pénalisés par des aides publiques jugées inadaptées, les professionnels appellent le nouveau gouvernement à intervenir sous 90 jours pour restructurer le secteur et garantir sa viabilité. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Éco.

Le 25/10/2026 à 19h11

Alors que le Maroc franchit des sommets historiques de fréquentation avec près de vingt millions de visiteurs annuels, un paradoxe, saisissant, ébranle l’industrie touristique marocaine. En première ligne de cette dynamique nationale, les entreprises de transport touristique se retrouvent paradoxalement asphyxiées par la hausse brutale des coûts d’exploitation. La flambée ininterrompue des prix du gasoil, sous l’effet des tensions géopolitiques internationales et des révisions bimensuelles à la pompe, met en péril l’équilibre financier de ces acteurs essentiels de la chaîne de valeur. Malgré un contexte de reprise économique florissant pour le secteur, l’envolée du cours du pétrole brut et du carburant à la pompe engloutit désormais près d’un tiers du chiffre d’affaires des professionnels, menaçant la survie d’un maillon indispensable au rayonnement territorial du pays, écrit le quotidien Les Inspirations Éco.

Face à cette détérioration rapide de leurs conditions d’exploitation, les représentants professionnels montent au créneau pour contester les mesures d’accompagnement étatiques en vigueur. L’Organisation marocaine du transport touristique pointe du doigt le caractère indifférencié du mécanisme de soutien public instauré pour amortir les chocs pétroliers. Conçu de manière globale pour l’ensemble des professionnels de la route, ce dispositif d’aide est jugé profondément inadapté aux contraintes opérationnelles spécifiques du voyage touristique. Contrairement au transport routier classique de marchandises ou de voyageurs de ligne, la flotte touristique fait face à des trajets réguliers à vide, des temps d’immobilité prolongés sur les sites d’excursion et une saisonnalité marquée qui pèsent lourdement sur la rentabilité effective des véhicules.

La vulnérabilité du secteur découle aussi d’un modèle économique rigide qui interdit toute répercussion immédiate des surcoûts d’énergie. Les grilles tarifaires de ces entreprises sont conclues plusieurs mois à l’avance par des contrats fermes avec les agences de voyages et les donneurs d’ordre internationalisés. Quand la facture de carburant bondit de façon imprévisible en quelques semaines, le transporteur se retrouve contraint d’honorer ses engagements professionnels à perte sans pouvoir réajuster ses prix de vente. Selon les analyses menées par l’organisation représentative, la contribution gouvernementale ne couvrirait qu’une part minime des augmentations subies à la pompe, rendant la hausse récente des montants d’aide insuffisante pour combler le déficit d’exploitation cumulé, ajoute Les Inspirations Éco.

Au-delà de la seule question énergétique, cette crise met en lumière les déséquilibres structurels dans la répartition des revenus au sein de la filière. Situées en bout de chaîne contractuelle, les très petites, petites et moyennes entreprises du transport touristique subissent un rapport de force défavorable face aux grands concepteurs de séjours. L’impossibilité de renégocier les conditions financières, combinée à des délais de paiement excessivement longs, dégrade drastiquement la trésorerie des structures les plus fragiles. Déjà grevées par les remboursements de crédits d’acquisition de véhicules, les primes d’assurance et les charges de personnel, ces entités commerciales peinent à maintenir leur viabilité opérationnelle à court terme.

Afin de remédier à cette précarité chronique, la profession appelle à un changement radical d’approche réglementaire et contractuelle. L’instauration d’un mécanisme automatique d’indexation des tarifs sur les variations du cours des carburants est mise en avant comme la solution idoine pour garantir la viabilité économique des prestations. Ce dispositif permettrait d’ajuster en toute transparence les prix appliqués dès lors que le coût de l’énergie dépasse un seuil de référence convenu. Les représentants du secteur insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas de renchérir arbitrairement le coût des séjours pour les visiteurs, mais de rétablir une équité commerciale durable au sein du partenariat avec les agences de voyages, lit-on dans Les Inspirations Éco.

Consciente des enjeux majeurs liés à la préservation de l’outil de travail, l’Organisation marocaine du transport touristique interpelle la nouvelle équipe gouvernementale pour réclamer l’élaboration d’un plan de sauvetage dédié. Une échéance de trois mois a été symboliquement fixée au pouvoir exécutif pour concevoir des mesures ciblées et adapter l’action publique aux réalités du terrain. Toutefois, la profession reconnaît aussi la nécessité d’assainir ses propres pratiques internes en invitant les exploitants à renforcer leur rigueur de gestion et à se conformer pleinement à leurs obligations sociales. C’est à la condition d’un dialogue rénové avec l’État et d’une restructuration de ses modes de fonctionnement que la filière pourra sortir de cette zone de turbulences.

Par La Rédaction
Le 25/10/2026 à 19h11