La courbe des prix des viandes rouges ne montre toujours pas de signe d’inflexion. Dans plusieurs marchés et boucheries du Royaume, le kg a récemment franchi le seuil symbolique des 150 dirhams. Une hausse qui replace au cœur des débats la question épineuse de la capacité des budgets des consommateurs à assumer le coût de cet aliment, jugé essentiel, dans un climat marqué par une pression croissante sur le pouvoir d’achat et une inflation touchant de nombreux produits de consommation courante.
Cette nouvelle hausse des prix est à l’origine d’un vif mécontentement parmi les consommateurs, qui peinent à maintenir leur rythme d’achat habituel, relaie Al Akhbar de ce jeudi 27 août. Elle intervient pourtant après une série de dispositions prises ces derniers mois par le gouvernement, dont l’encouragement à l’importation de bétail –ovins et bovins– ainsi que de viande fraîche, dans l’espoir de densifier l’offre nationale et de juguler l’escalade des prix.
Parmi les professionnels, la persistance de cette cherté s’explique par un faisceau de causes: la flambée des coûts liés à l’élevage et à l’alimentation du bétail, la contraction du cheptel national, consécutive à la succession d’années de sécheresse, sans oublier l’alourdissement des frais de transport, de distribution et des marges prélevées à chaque maillon de la chaîne de commercialisation.
Cette hausse survient par ailleurs dans un contexte économique et social particulièrement fragile, les denrées alimentaires absorbant une part substantielle du budget des familles. Pour un certain nombre d’entre elles, cette restriction impose une réduction drastique de la consommation et un report vers des produits au coût moins onéreux. En contrepoint, les appels se multiplient en faveur d’un contrôle accru des marchés, d’une augmentation de la surveillance des circuits de commercialisation, ainsi que d’une stimulation de la concurrence et d’une répression des pratiques spéculatives, afin que les consommateurs puissent acquérir de la viande à des prix plus en adéquation avec les coûts de production réels.
La gestion de cette flambée ne saurait se réduire à des mesures conjoncturelles, de l’avis de spécialistes, écrit Al Akhbar. Une réponse pérenne exige, selon eux, des réformes structurelles: une reconstruction du cheptel national, un soutien durable aux éleveurs, une sécurisation des approvisionnements en fourrage, et une modernisation des circuits de distribution et de commercialisation.




