Élevage: l’ANOC réclame un soutien d’urgence pour sauver le cheptel

Un enclos à moutons.

Moutons dans un enclos. . DR

Revue de presseRéunis en assemblée générale à Rabat, les professionnels de la filière ovine et caprine saluent les efforts de l’État mais réclament une augmentation immédiate des aides à l’amélioration génétique pour contrer la flambée des coûts de production. Entre tensions électorales internes et interrogations financières, l’Association nationale des éleveurs d’ovins et de caprins (ANOC) tente de tracer une feuille de route pour stabiliser un secteur stratégique, alors que le prix de la viande rouge atteint des sommets historiques sur le marché national. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 19/07/2026 à 17h58

Face aux ravages d’une sécheresse persistante et à la flambée des coûts de production, l’Association nationale des éleveurs d’ovins et de caprins (ANOC) alerte l’opinion publique. Réunis en assemblée générale à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat, les professionnels du secteur ont unanimement réclamé une revalorisation substantielle des subventions destinées à l’amélioration génétique du cheptel, tout en exigeant une accélération des versements pour faire face à la crise, indique Al Akhbar de ce lundi 20 juillet.

Cette mobilisation intervient alors que le ministère de l’Agriculture dresse le bilan de son programme exceptionnel de sauvegarde du cheptel. Doté d’une enveloppe de 11 milliards de dirhams, ce plan aurait permis, selon les autorités, de préserver plus de 95% des femelles reproductrices. Si l’ANOC salue l’impact de cette intervention étatique sur la résilience du secteur, elle souligne que la situation des éleveurs demeure critique. L’augmentation vertigineuse des prix des aliments de bétail et la pénurie de main-d’œuvre aggravent un quotidien déjà fragilisé par le manque de précipitations. Cette conjoncture pèse lourdement sur le marché national, où le prix de la viande rouge a atteint des sommets inédits, frôlant parfois les 200 dirhams le kilo.

Pour contrer cette tendance, l’association met en avant ses projets de modernisation. Son président, Abderrahmane Mejdoubi, a rappelé que la structure encadre aujourd’hui un cheptel de près de 4,5 millions de têtes à travers le pays. Pour optimiser la productivité, l’ANOC s’appuie sur des centres d’insémination artificielle, notamment à Ouarzazate et Aïn Beni Mathar, et renforce ses partenariats internationaux, particulièrement avec la France. De nouveaux accords de financement sont également attendus pour développer les centres de formation aux métiers de l’élevage, lit-on dans Al Akhbar.

Pourtant, l’ambiance de cette assemblée générale n’a pas été sans remous. Des voix se sont élevées parmi les adhérents pour dénoncer des dysfonctionnements majeurs lors du processus électoral interne. Certains membres fustigent le manque de transparence entourant l’ouverture des candidatures au conseil d’administration, pointant du doigt la reconduction quasi automatique des membres sortants à cause d’un déficit de communication flagrant de la commission électorale. De plus, l’absence de rapports financier et moral détaillés lors de la séance a suscité de vives interrogations sur la gestion des subventions publiques perçues par l’association, dont les recettes globales déclarées s’élevaient à plus de 13,3 millions de dirhams pour l’année 2024.

Par La Rédaction
Le 19/07/2026 à 17h58