Frère du fondateur du Polisario, actuellement conseiller politique de Brahim Ghali, chef des séparatistes, Bachir Mustapha n’en est pas moins un farouche opposant à ce dernier. Mieux, Bachir a toujours dit certaines vérités sur le conflit du Sahara qui fâchent à Alger. Parmi celles-ci, les dernières déclarations chocs que rapporte le quotidien Assabah dans son édition du lundi 20 juillet. Lors d’une interview accordée à la télévision séparatiste, Bachir Mustapha Sayyed a démonté tout le narratif sur lequel est basée la propagande du régime algérien dans le dossier du Sahara marocain. Bachir Mustapha Sayyed reconnaît ainsi que les Sahraouis des camps de Tindouf ont été, dès 1975, victimes d’un déplacement collectif forcé. Dans cette opération «d’enlèvements massifs», l’Algérie a déployé d’énormes moyens logistiques en vue de faire de ces milliers de victimes une «carte politique», explique Bachir.
Ce qui donne du poids à ces déclarations, c’est qu’elles émanent de celui qu’on considère dans les camps de Tindouf comme l’un des meilleurs connaisseurs de toutes les manigances qui ont entouré le parcours chaotique du Polisario durant ces 50 dernières années. L’homme a occupé tous les prétendus hauts postes ministériels et sécuritaires à Rabouni. Mais aujourd’hui, ce calculateur politique a désormais la conviction, à l’instar de l’écrasante majorité des Sahraouis des camps, que le mirage de l’autodétermination s’est définitivement dissipé. Et qu’il est temps aussi de se démarquer de la tutelle algérienne pour aller vers une solution politique. Et ce, en vue de mettre fin à l’interminable attente des populations des camps, soumises à une répression implacable et privées de tout ce qui peut contribuer à une vie décente.
Il faut donc inscrire ces déclarations chocs dans le cadre de la proximité du futur congrès du Polisario, à l’issue duquel il compte damer le pion à un Brahim Ghali décrié dans les camps, mais toujours soutenu à bout de bras par le régime d’Alger. Mais Bachir Mustapha Sayyed compte sur la forte pression des populations des camps lors du prochain congrès du Polisario pour forcer le changement de cap. En attendant, il a déjà jeté un véritable pavé dans la mare, mettant les dirigeants algériens et ceux du Polisario dans un total embarras.




