Nouveaux affrontements tribaux dans les camps de Tindouf: un proche du chef du Polisario a mis le feu aux poudres

Brahim Ghali, produit pur jus de la dictature militaire algérienne.

Brahim Ghali, produit pur jus de la dictature militaire algérienne. dr

Une rixe entre deux familles sahraouies dans l’un des camps de Lahmada a rapidement dégénéré pour tourner en affrontements violents entre deux factions tribales. Plusieurs tentes et maisons ont été incendiées dans la foulée, alors que l’un des gardes de corps de Brahim Ghali, chef du Polisario, a pris le parti de sa faction tribale en déclenchant une fusillade, faisant de nombreux blessés au sein du clan adverse.

Le 30/04/2026 à 15h39

Comme dans toute prison où les pensionnaires se savent condamnés à mourir à huis clos, sans espoir de se libérer de leurs geôliers, les nerfs sont à fleur de peau dans les camps sahraouis, disséminés dans le désert de Lahmada, à l’extrême sud-ouest de l’Algérie, et doublement encerclés par la milice du Polisario et l’armée algérienne. Le moindre désaccord entre deux habitants, de surcroît de tribus différentes, peut déclencher de violents affrontements tribaux dans quasiment tous les camps sahraouis.

Selon un article publié le 29 avril courant par forsatin.org, site spécialisé dans les informations directement transmises par ses sources au sein des camps de Tindouf, un simple malentendu entre deux individus au niveau d’un robinet public s’est d’abord transformé en rixe entre deux familles, avant de s’étendre aux factions tribales dont elles sont originaires.

D’après le site précité, dont il faut rappeler qu’il est géré par d’anciens cadors du Polisario, comme l’ancien haut responsable de la police séparatiste, Mustapha Selma Sidi Mouloud, aujourd’hui favorables au plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, ces affrontements ont eu lieu au camp «Smara». Ils auraient duré plusieurs jours à travers des escarmouches incessantes ayant fait de nombreux blessés.

«Le camp de Smara à Tindouf, plus précisément dans le quartier de Haouza, a été le théâtre de graves événements suite à de violents affrontements entre deux familles appartenant aux tribus Fokra et Oulad Moussa. Le conflit, qui a débuté il y a une semaine à la suite d’un différend concernant un robinet d’eau, a dégénéré en confrontations sanglantes impliquant des tirs à balles réelles, causant des dégâts matériels et des blessés», écrit forsatin.org.

Le Polisario a laissé sciemment les choses s’envenimer. D’une part, ces violences étant le fait de deux factions issues de la tribu Reguibat, celle qui étend son hégémonie sur tous les postes-clés au sein de l’appareil séparatiste, il lui était impossible d’intervenir sans être accusé de partialité. D’ailleurs, ces événements lui ont permis de détourner momentanément l’attention des populations, généralement très critiques et très en colère contre les dirigeants du Polisario qui les mènent vers nulle part depuis plus d’un demi-siècle.

D’autre part, Brahim Ghali lui-même a, en réalité, à travers son silence coupable sur cette affaire, pris le parti de la famille de l’un de ses gardes du corps. Ce dernier, du nom d’Abou Mahdah, aurait, au plus chaud des violences intertribales du camp de Smara, utilisé son arme à feu contre le clan adverse. Il aurait ainsi grièvement blessé, entre autres, un milicien du Polisario, membre de la famille adverse et dont l’état est qualifié de très critique.

C’est cet acte criminel du garde du corps de Brahim Ghali qui a mis le feu aux poudres en attisant la colère de la famille de la victime et de tout son clan tribal. Ces derniers ont violemment réagi à leur tour en incendiant plusieurs tentes et autres maisons de fortune appartenant au clan du garde du corps, entraînant des représailles similaires de l’autre camp.

Ces violences intertribales sont récurrentes dans les camps de Tindouf et reflètent en réalité les profonds désaccords des populations sahraouies avec le régime algérien et le projet chimérique à travers lequel il les prend indéfiniment en otages.

Par Mohammed Ould Boah
Le 30/04/2026 à 15h39