Les prix des viandes rouges ont franchi le seuil des 150 dirhams le kilogramme, tandis que ceux de la viande ovine s’approchent de la barre des 200 dirhams dans les grandes villes marocaines, plongeant les ménages dans une situation financière de plus en plus précaire. Cette flambée des prix s’inscrit dans un contexte marqué par de fortes disparités tarifaires d’un point de vente à l’autre et selon la qualité des viandes proposée aux consommateurs, relate le quotidien Al Akhbar dans son édition du mercredi 30 octobre.
De nombreux citoyens constatent, avec amertume, que s’offrir un kilo de viande est devenu un luxe difficilement accessible, grevant lourdement le budget familial, déjà fragilisé par la hausse continue du coût de la vie. En effet, après la cherté des fruits, des légumes, des huiles et des denrées de première nécessité, ainsi que l’augmentation des frais de transport, d’éducation et de logement, l’accès aux protéines animales devient une source majeure d’inquiétude pour une frange grandissante de la population.
Cette situation pèse également de tout son poids sur les bouchers et les équarrisseurs, qui se retrouvent pris entre le marteau et l’enclume face à des équations économiques de plus en plus complexes.
D’un côté, l’augmentation du coût d’achat du bétail et de la viande rogne leurs marges tandis que, de l’autre, la baisse du pouvoir d’achat des clients limite drastiquement leurs ventes. Contrairement à une idée convenue, la hausse des prix au détail ne profite pas forcément aux commerçants, car elle s’accompagne d’une chute globale de la demande. Plus le prix au kilogramme grimpe, plus les quantités achetées par les citoyens diminuent, les consommateurs ajustant leurs paniers en fonction de leurs bourses amoindries, lit-on dans Al Akhbar.
Les professionnels du marché soulignent que cette inflation inédite est le fruit d’une conjonction de facteurs structurels et conjoncturels, au premier rang desquels figurent la baisse de l’offre nationale, la cherté des coûts de l’élevage de bétail et de leur alimentation, l’envolée des prix du bétail, sur pied, ainsi que l’augmentation des frais de transport et de distribution. Face à cette réalité économique, complexe, les experts rappellent que la simple surveillance des prix de détail par les autorités ne suffit plus à endiguer le phénomène. Une réflexion globale et approfondie sur l’ensemble de la chaîne de production et de distribution s’impose donc, pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande et préserver la stabilité du marché.
Pour les familles à revenus limités ou tout juste moyens, cette envolée des prix se traduit par de cruels dilemmes, la priorité absolue étant désormais donnée à la survie et à l’achat de denrées de première nécessité, jugées vitales. Dans les quartiers populaires, l’impact est particulièrement visible, ce qui pousse certains consommateurs à modifier radicalement leurs habitudes alimentaires. Nombreux sont ceux qui se contentent désormais de réduire leurs portions, se contentant de quelques grammes de viande ou se tournant vers des morceaux moins dispendieux, tandis que d’autres choisissent purement et simplement de réduire la fréquence de leur consommation de viande tout au long de la semaine.




