Et de 13: au Congress, le député Tim Moore apporte son soutien au Polisario Front Terrorist Designation Act

Au centre, le député américain Tim Moore.

Au centre, le député américain Tim Moore.

Le soutien à la proposition de loi classant le Front Polisario comme organisation terroriste gagne du terrain à la Chambre américaine des représentants. Une treizième signature, celle du républicain Tim Moore, vient s’ajouter à une dynamique législative visant à contraindre l’administration à examiner les liens présumés entre le mouvement séparatiste et l’Iran. Au Sénat comme à la Chambre des représentants, les initiatives se multiplient, la pression monte.

Le 28/04/2026 à 14h49

Les soutiens à la proposition de loi soumise à la Chambre américaine des représentants et classant le Polisario comme organisation terroriste se renforcent. Une treizième voix est venue apporter son appui lundi 27 avril. Il s’agit du républicain Tim Moore.

Timothy Keith Moore est un avocat et membre du Parti républicain. Depuis 2025, il est le représentant des États-Unis pour le 14ème district de Caroline du Nord. Il a auparavant occupé le poste de président de la Chambre des représentants de Caroline du Nord entre 2015 et 2025.

Au sein de la Chambre des représentants à Washington, il fait partie de la majorité républicaine et se concentre généralement sur les questions législatives et juridiques, fort de son expérience d’avocat et de leader parlementaire. Sa signature porte à treize le nombre total de cosignataires du texte, initialement déposé le 24 juin 2025 par le républicain Joe Wilson.

Liste actualisée des députés américains appuyant la proposition de loi incriminant le Polisario.

L’appui de Tim Moore intervient après celui de la représentante républicaine de Floride, Maria Elvira Salazar, qui avait officiellement rejoint le groupe de parlementaires soutenant la proposition de loi visant à inscrire le Front Polisario sur la liste des organisations terroristes étrangères des États-Unis. C’était le 6 avril dernier.

Ce ralliement s’inscrit dans une dynamique législative qui ne faiblit pas. Moins de deux semaines séparaient la signature de Maria Elvira Salazar de celle d’Elise Stefanik, annoncée le 25 mars 2026, elle-même précédée, de quelques jours, par celles de Claudia Tenney et Don Bacon. Depuis février 2026, le texte a enregistré sept nouvelles adhésions, contre six au total lors de son dépôt initial, qui comptait Joe Wilson, Jimmy Panetta, Mario Diaz-Balart, Jefferson Shreve, Randy Fine et Lance Gooden parmi ses premiers promoteurs.

Pour rappel, la proposition de loi a pour objectif de contraindre l’administration américaine à examiner formellement la désignation du Polisario comme organisation terroriste. Elle cible en particulier les liens allégués entre la milice armée soutenue par Alger et l’Iran, notamment des transferts de drones en provenance du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) et des coopérations en matière de renseignement et d’opérations militaires dans la région du Sahel et en Afrique du Nord.

Le mouvement ne se limite pas à la Chambre des représentants. Au Sénat, le «Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026», déposé le 13 mars par Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott, a accueilli une quatrième signature le 23 mars avec l’adhésion de David McCormick. Le texte prévoit un mécanisme institutionnel contraignant le secrétaire d’État à déclencher la désignation formelle dès lors qu’une coopération entre le Polisario et Téhéran serait confirmée, avec à la clé des sanctions financières, des restrictions de déplacements et un gel des ressources.

Avant, pendant comme après le dépôt de cette proposition de loi, le sénateur américain Ted Cruz, très proche du président Donald Trump, a fait sien le combat contre le Polisario. Pas plus tard que lors d’une audience sur la lutte antiterroriste en Afrique, tenue mardi 21 avril 2026 à la commission des affaires étrangères du Sénat, le ténor républicain a de nouveau interpellé le département d’État américain sur la nature criminelle et terroriste du Front séparatiste, accusé d’entretenir des liens étroits avec le régime iranien (voir vidéo à 01:02:00).

Ted Cruz a souligné les risques géopolitiques posés par ces liens, évoquant une stratégie iranienne visant à déstabiliser l’Afrique de l’Ouest. «L’une des sombres réalités du contre-terrorisme et de la géopolitique est que les menaces franchissent les frontières nationales et concernent des régions entières. Au Sahara occidental, l’Iran œuvre activement à transformer le Front Polisario en une réplique des Houthis pour l’Afrique de l’Ouest. Le Front Polisario collabore avec des groupes terroristes iraniens. Il reçoit des drones des Gardiens de la révolution islamique (IRGC). Il achemine des armes et des ressources dans la région, notamment vers des jihadistes, et bien plus encore. L’objectif de l’Iran, comme partout ailleurs, est de déstabiliser des régions entières, et trop souvent, il y parvient», a déclaré le sénateur.

Le Département d’État reconnaît des «vulnérabilités»

Ted Cruz a rappelé avoir présenté un projet de loi exigeant que le Front Polisario soit désigné comme organisation terroriste s’il est établi qu’il coopère avec des groupes affiliés à l’Iran dans des domaines tels que les opérations militaires, les systèmes d’armes, les drones, les armes antiaériennes ou le renseignement militaire. «Cette question devrait être une évidence. Si le Front Polisario fournit ou reçoit ces éléments avec des terroristes iraniens, il remplit clairement les critères pour une telle désignation», a plaidé le sénateur du Texas.

Interrogée sur les informations disponibles concernant ces liens, Monica Jacobsen, haute responsable au bureau de la lutte contre le terrorisme au département d’État, a reconnu partager ces préoccupations. «La région où opère le Front Polisario se situe à proximité d’activités de trafic et d’activisme armé au Sahel, ce qui crée des vulnérabilités que des acteurs extérieurs, dont l’Iran, pourraient chercher à exploiter. Nous surveillons de près la situation et restons vigilants face à ces menaces».

Monica Jacobsen a également indiqué suivre les accusations de collaboration du Polisario avec le Hezbollah et les Gardiens de la révolution en Iran, précisant que le département d’État et les services de renseignement travaillaient ensemble pour approfondir ces questions. «Je tiens à souligner que, partout dans le monde, nous sommes extrêmement mobilisés pour contrer la menace des Gardiens de la révolution en Iran, ainsi que celle de ses proxys et partenaires», a-t-elle ajouté, mentionnant une récente réunion à Budapest avec 35 gouvernements pour coordonner cette lutte, incluant des responsables africains.

«Nous apprécions grandement le soutien que vous apportez sur ce sujet, et je veux insister sur le fait que les menaces posées par l’IRGC, ses partenaires et ses proxys, sont une priorité absolue pour nous», a-t-elle conclu.

Par Tarik Qattab
Le 28/04/2026 à 14h49