El Mansouri en route vers un gouvernement resserré et par pôles

Fatima Ezzahra El Mansouri reçoit l’Union constitutionnelle (UC), à Rabat.

Revue de presseLa désignation de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement ouvre une phase de consultations politiques intenses visant à bâtir une coalition majoritaire cohérente. En prime, une réorganisation structurelle des départements ministériels et l’introduction d’une architecture par grands pôles stratégiques. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 06/10/2026 à 19h14

La désignation par le roi Mohammed VI de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement marque le lancement d’une séquence politique intense, axée sur la composition de la future équipe exécutive. Après une première phase de pourparlers, la cheffe du gouvernement désignée a multiplié les rencontres avec les directions des partis politiques pressentis pour former la coalition majoritaire. Cette dynamique de concertation témoigne d’une volonté d’ouverture, englobant des formations historiques et de nouveaux partenaires potentiels afin de bâtir un front gouvernemental cohésif et stable, résume le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 7 octobre.

Les discussions récentes ont permis de sceller l’adhésion de plusieurs forces politiques majeures, comme le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) et l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), qui ont officiellement confirmé leur participation. D’autres formations poursuivent leurs discussions, illustrant une approche inclusive visant à élargir le socle parlementaire et politique de la majorité. Cette ouverture stratégique offre à la cheffe du gouvernement une plus grande marge de manœuvre dans la gestion des équilibres et la répartition des responsabilités ministérielles.

Au-delà des alliances, la vision prospective portée par la cheffe du gouvernement dessine les contours d’une architecture institutionnelle profondément renouvelée. Les orientations actuelles s’orientent vers une rationalisation significative du paysage ministériel, avec un objectif clair de réduction du nombre total de départements pour ne pas dépasser vingt-deux portefeuilles. Cette cure d’amaigrissement vise à optimiser l’efficacité de l’action publique en évitant le saupoudrage des compétences et la dispersion des ressources, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.

Pour concrétiser cette ambition d’efficacité, la nouvelle architecture repose sur le concept novateur des pôles gouvernementaux. Plutôt que de maintenir des ministères cloisonnés et fonctionnant en silos, la future configuration tend à regrouper les secteurs affinitaires au sein de grands ensembles stratégiques. Cette fusion fonctionnelle favorise une synergie accrue entre les administrations et garantit une cohérence renforcée dans la mise en œuvre des politiques publiques sectorielles.

L’organisation interne de ces grands pôles prévient la dilution des responsabilités grâce à un mécanisme de coordination renforcé. Chaque pôle sera piloté par une personnalité de premier plan, bénéficiant potentiellement du rang de ministre d’État, chargée d’harmoniser les initiatives des départements rattachés. Cette structure hiérarchique pyramidale, secondée par des secrétaires d’État, ambitionne de fluidifier la prise de décision et d’accélérer la cadence des réformes.

Si l’idée d’un gouvernement resserré autour de pôles majeurs n’est pas totalement inédite dans l’histoire institutionnelle du pays, sa mise en œuvre opérationnelle continue de faire l’objet d’arbitrages minutieux. Les contours définitifs de ces structures et la répartition des compétences font partie intégrante des tractations en cours avec les alliés politiques. À l’issue de ces consultations, approfondies, la nouvelle formule gouvernementale devrait consacrer une rupture nette avec les pratiques du passé au profit d’une gouvernance modernisée et intégrée.

Par La Rédaction
Le 06/10/2026 à 19h14