Après la condamnation de l’ancien ministre et ex-président de la commune urbaine de Fkih Bensalah, Mohamed Moubdiî, à treize ans de réclusion criminelle, plusieurs présidents de communes encourent des risques de sanctions pénales de nature similaire s’il s’avère qu’ils ont manœuvré avec le bureau d’études impliqué dans cette affaire. En effet, le responsable de ce bureau d’études a été condamné à sept ans de prison ferme, et reste sous le coup de poursuites judiciaires dans d’autres affaires liées à des détournement de fonds publics. Ce bureau d’études aurait servi de couverture juridique pour «détourner des fonds et gonfler des factures, en plus d’autres manipulations de même ordre», relaie Al Akhbar de ce mardi 26 mai.
D’après des sources interrogées par le quotidien, ce bureau d’études serait impliqué dans des marchés chiffrés à plusieurs milliards dans des communes rurales et urbaines dans les régions de Casablanca-Settat, Fès-Meknès et Rabat-Salé-Kénitra. «C’est dire que les présidents des communes qui auraient magouillé avec lui pourraient tomber dans les filets des enquêteurs et par ailleurs de la justice», commente Al Akhbar. Les marchés publics qui seraient caractérisés par des irrégularités faussant les règles d’une concurrence loyale, dont des faits de favoritisme ou des actes de corruption, concernaient «des projets de qualification urbaine lancés pour renforcer l’attractivité des villes», indiquent les sources du quotidien.
Ces projets structurants, expliquent ces sources, «au nombre de 350, ont été lancés avec une enveloppe budgétaire de pas moins de 80 milliards de dirhams, dont 30 milliards de dirhams étaient financés par le ministère de tutelle via la Direction générale des collectivités territoriales (DGCT)». Cet établissement public accompagnait les communes dans l’audit et l’exécution de projets urbains, en collaboration avec les équipes de l’Inspection générale de l’administration territoriale (IGAT). C’est avec «ces missions d’accompagnement, de suivi et de contrôle, que des dysfonctionnements et des irrégularités ont été relevés dans la gestion financière de plusieurs communes urbaines et rurales», ont indiqué les sources d’Al Akhbar. Un constat identique, alarmant, a également été signalé par les magistrats des cours régionales des comptes, à propos de montants faramineux consacrés à des études techniques et autres, dont plusieurs seraient fictives. En conséquence, selon Al Akhbar, «les présidents de communes et leurs vice-présidents impliqués dans des opérations de détournement de fonds publics, directement ou indirectement, de mauvaise gestion ou de corruption, sont appelés à rendre des comptes».




