Coopération sécuritaire Maroc-France: un réseau de trafic de drogue démantelé, près de 2,7 tonnes de cannabis saisies

Un élément de la Section de recherches de la Gendarmerie nationale française.

Un élément de la Section de recherches de la Gendarmerie nationale française.

Une opération conjointe d’envergure entre la gendarmerie française et la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a permis de neutraliser un axe majeur de trafic de stupéfiants entre le Royaume et le nord de la France. Deux suspects ont été mis en examen.

Le 29/05/2026 à 14h15

C’est un coup d’arrêt majeur porté aux réseaux de narcotrafic transfrontaliers. Dimanche 24 mai 2026, les forces de l’ordre françaises ont intercepté une cargaison massive de 2.692 kilogrammes de produits stupéfiants, principalement de la résine de cannabis, et procédé à l’interpellation de deux individus clés de cette organisation. Une prouesse logistique et judiciaire qui s’appuie sur une collaboration policière de premier plan entre le Maroc et la France.

Si le coup de filet a eu lieu sur le sol français, le succès de l’opération repose en grande partie sur l’implication en amont de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Dès l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Lille le 13 avril dernier, la section de recherches (S.R.) de Lille a travaillé en étroite coordination avec les services marocains. L’expertise et le partage de renseignements de la Sûreté marocaine ont été cruciaux pour cartographier la route de la drogue, de sa production jusqu’à son acheminement par voies maritime puis terrestre, et pour anticiper l’arrivée de la marchandise sur le continent européen.

Le travail conjoint entre la DGSN et la S.R. de Lille a permis de suivre à la trace un vecteur de transport stratégique avant qu’il ne puisse alimenter l’agglomération lilloise, sa destination finale. Fortes des éléments consolidés avec le partenaire marocain, les autorités françaises ont déclenché une phase judiciaire simultanée sur quatre sites distincts du territoire français.

Le cœur de la saisie s’est joué au port de Sète (Hérault). À sa descente de bateau, un véhicule a été intercepté par les éléments de la S.R. de Lille, appuyés par le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) ainsi que par plusieurs groupements de gendarmerie départementale et mobile (Nord, Hérault, Nîmes). À l’intérieur du véhicule: près de 2,7 tonnes de résine de cannabis.

Le conducteur a été immédiatement interpellé. Au même moment, un autre raid mené en Île-de-France a permis de capturer un second individu, suspecté d’agir comme le logisticien du réseau. À son domicile, les enquêteurs ont mis la main sur 34.000 euros en espèces et un second véhicule.

L’affaire a franchi une nouvelle étape jeudi 28 mai 2026 avec l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet de Lille. Les chefs d’accusation retenus sont particulièrement lourds (importation de stupéfiants en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes ou délits punis de 10 ans d’emprisonnement, transport, acquisition, détention et offre ou cession de stupéfiants).

Présentés à un juge d’instruction, les deux hommes ont été formellement mis en examen. Le premier a été placé en détention provisoire. Le second a été incarcéré provisoirement. Son sort sera définitivement fixé le 2 juin prochain lors d’un débat devant le juge des libertés et de la détention (JLD).

Ce démantèlement illustre une nouvelle fois l’efficacité de l’axe sécuritaire Rabat-Paris, où la réactivité de la DGSN s’impose désormais comme un maillon indispensable pour briser les routes du trafic international à destination de l’Europe.

Par La Rédaction
Le 29/05/2026 à 14h15