Ahmed Touizi, nouveau président de la Chambre des représentants: «Je serai le président de la majorité comme de l’opposition»

Ahmed Touizi, nouveau président de la Chambre des représentants.

Le 13/10/2026 à 19h47

VidéoÉlu à la présidence de la Chambre des représentants avec 220 voix, Ahmed Touizi (PAM) promet de se tenir à égale distance de la majorité et de l’opposition. Dans un contexte de recomposition politique, il entend faire du renforcement de la crédibilité et de l’efficacité de l’institution parlementaire l’une des priorités de son mandat.

Élu à la présidence de la Chambre des représentants avec 220 voix, Ahmed Touizi, député du Parti authenticité et modernité (PAM), a assuré vouloir être le président de tous les parlementaires, indépendamment de leur appartenance à la majorité ou à l’opposition. Il a placé son mandat sous le signe de la neutralité institutionnelle, avec pour priorité de renforcer l’efficacité et la crédibilité de l’institution législative.

Le candidat du PAM a bénéficié du soutien des formations appelées à constituer la nouvelle majorité gouvernementale, à savoir le PAM, l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), ainsi que de voix issues d’autres groupes parlementaires.

Son concurrent, Driss Azami El Idrissi, candidat du Parti de la justice et du développement (PJD), a recueilli 59 suffrages. Le scrutin a également enregistré 90 bulletins nuls. Si certains observateurs attribuent ces derniers à des députés du Rassemblement national des indépendants (RNI) et du Mouvement populaire (MP), dirigé par Mohamed Ouzzine, leur provenance ne peut être établie avec certitude, le vote étant secret.

La séance élective était présidée par le doyen d’âge des députés, l’istiqlalien Abdelaziz Abba, âgé de 84 ans selon les informations communiquées.

À l’annonce des résultats, le député Omar Benjelloun, élu à Rabat sous les couleurs de l’Alliance de la gauche, a soulevé une objection de procédure, reprochant au président de séance de ne pas avoir officiellement annoncé le nombre de bulletins nuls. Une intervention qui n’a toutefois pas remis en cause le déroulement du scrutin. «C’est un point de vue que je voulais signaler», a-t-il déclaré.

Dans sa première déclaration après son élection, Ahmed Touizi a exprimé sa fierté et sa reconnaissance pour la confiance que lui ont accordée ses collègues. Il a également souligné l’importance des responsabilités qui lui incombent désormais à la tête de la Chambre des représentants.

Le nouveau président a insisté sur la nécessité de renforcer le rayonnement de l’institution et de restaurer la confiance des citoyens dans le travail parlementaire.

«Nous devons tous travailler ensemble — opposition comme majorité, l’ensemble des parlementaires, hommes et femmes — pour que cette institution retrouve son rayonnement, son efficacité et sa crédibilité auprès des citoyens», a-t-il affirmé.

Présentant cet objectif comme l’un des principaux chantiers de la législature, il a rappelé que le Parlement incarne la représentation nationale et qu’il appartient à ses responsables de veiller à son bon fonctionnement.

Ahmed Touizi a ainsi appelé à faire de la Chambre des représentants une institution davantage à l’écoute des citoyens, capable d’exercer pleinement ses missions législatives et de contrôle de l’action gouvernementale.

Interrogé sur ses relations avec les différentes composantes politiques de la Chambre, Ahmed Touizi a tenu à réaffirmer son engagement en faveur de l’impartialité. «En tant que président du Parlement, je me tiens à égale distance de l’opposition et de la majorité, car je préside une institution», a-t-il déclaré.

Il a précisé que son rôle consisterait à veiller au respect de la Constitution et du règlement intérieur de la Chambre, tout en garantissant à l’ensemble des députés les conditions nécessaires au bon exercice de leur mandat.

Avant la levée de la séance, un message de félicitations a été adressé au roi Mohammed VI.

Cette élection intervient dans un contexte de recomposition de la majorité parlementaire, alors que Fatima-Ezzahra El Mansouri poursuit les préparatifs en vue de la formation du prochain gouvernement. La coalition envisagée réunirait le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 13/10/2026 à 19h47