Ukraine: deux morts à Odessa après des frappes russes, l’Europe débloque 90 milliards d’euros

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron à Londres le 8 décembre 2025. AFP or Licensors

Nouvelle nuit de feu en Ukraine: deux personnes ont été tuées et quatorze blessées à Odessa dans des frappes russes qui ont touché plusieurs bâtiments résidentiels. Tandis que les secours s’activaient dans la grande ville portuaire de la mer Noire, les dirigeants européens, réunis à Chypre avec Volodymyr Zelensky, ont validé un prêt de 90 milliards d’euros à Kiev.

Le 24/04/2026 à 07h52

Des frappes russes sur Odessa, dans le sud de l’Ukraine, ont fait deux morts et 14 blessés, ont annoncé vendredi les services d’urgence, dans une ville portuaire de la mer Noire qui reste l’une des cibles récurrentes de Moscou depuis le début de l’invasion à grande échelle.

Selon Reuters, l’attaque nocturne a touché plusieurs bâtiments résidentiels, dont des immeubles de deux et trois étages, provoquant incendies, destructions et opérations de secours durant la nuit. Les victimes mortelles sont un couple marié âgé de 75 ans, selon l’administration militaire locale.

«Au total, l’attaque russe a tué deux personnes et en a blessé 14», ont indiqué les services d’urgence ukrainiens sur Telegram, cités par les agences. Dans le détail, les secours ont fait état de dégâts sur quatre bâtiments.

Des appartements ont été soufflés, des façades éventrées et plusieurs véhicules endommagés, dans un paysage devenu familier en Ukraine après plus de quatre ans de guerre. Reuters note qu’un léger écart existe entre les bilans avancés par les autorités, le chef de l’administration militaire locale ayant, lui, parlé de 15 blessés.

Un front quotidien

L’attaque contre Odessa s’inscrit dans une séquence de bombardements quasi quotidiens. Jeudi déjà, des frappes russes avaient fait quatre morts à Dnipro et Jytomyr. Odessa, elle, avait encore déploré neuf morts le 16 avril.

Le port et sa région revêtent une importance particulière, à la fois militaire, économique et symbolique: c’est l’un des grands débouchés maritimes de l’Ukraine sur la mer Noire, et une cible régulière pour les drones et missiles russes. La ville avait déjà été frappée à plusieurs reprises ces dernières semaines, notamment début avril lorsqu’une autre attaque de drones avait tué trois civils, dont un enfant.

Le coût humain global de la guerre continue, lui aussi, de grimper. D’après la mission de surveillance des droits de l’homme de l’ONU en Ukraine, près de 15.000 civils ont été tués et plus de 40.600 blessés depuis le début de l’invasion russe le 24 février 2022.

Le même rapport souligne que l’année 2025 a été la plus meurtrière pour les civils depuis 2022, avec 2.514 morts et 12.142 blessés, soit une hausse sensible par rapport à 2024. La très grande majorité de ces pertes ont été enregistrées dans des zones contrôlées par Kiev, à la suite d’attaques lancées par les forces russes.

Un soutien vital pour Kiev

Dans le même temps, l’Ukraine a obtenu jeudi un ballon d’oxygène financier majeur. L’Union européenne a formellement approuvé un prêt de 90 milliards d’euros à Kiev, ainsi qu’un 20e paquet de sanctions contre la Russie, à la veille d’un sommet informel des dirigeants européens à Chypre auquel participe Volodymyr Zelensky.

Ce prêt, longtemps bloqué par la Hongrie, doit aider l’Ukraine à couvrir une part décisive de ses besoins militaires et budgétaires en 2026 et 2027. La moitié des fonds doit être décaissée cette année, le reste en 2027.

Ce soutien est crucial. Reuters rappelle que l’Ukraine risquait un trou budgétaire sévère dès le début de l’été sans nouvelle aide occidentale. Une partie de l’argent doit servir à financer l’armée, une autre à préserver les services publics essentiels, alors même que les frappes russes continuent de dégrader les infrastructures civiles et énergétiques du pays.

Pour Kiev, l’aide européenne constitue donc à la fois une réponse immédiate à l’urgence et un message politique: malgré les lenteurs, les blocages et l’usure de la guerre, le soutien du continent n’a pas disparu.

Odessa résume, à sa manière, cette double réalité ukrainienne: d’un côté, la vulnérabilité persistante des villes sous les bombes; de l’autre, la dépendance croissante de l’État à l’égard d’un soutien extérieur sans lequel la résistance militaire et civile serait bien plus difficile. Pendant que les secours déblayent les gravats sur la mer Noire, l’avenir de l’Ukraine continue donc de se jouer aussi dans les salles de réunion européennes.

Par Le360 (avec Agences)
Le 24/04/2026 à 07h52