Les années successives de sécheresse, couplées aux dégâts collatéraux des crises mondiales, particulièrement au Moyen-Orient où les guerres sont endémiques, ont eu leurs répercussions jusque dans l’assiette des Marocains. Selon un récent sondage d’opinion réalisé par «Barometer arabic», et dont certaines données ont été reprises par le quotidien arabophone Assabah dans son édition du vendredi 24 avril, 29% des sondés marocains ont affirmé avoir été contraints de sacrifier l’un des repas du jour, faute de moyens financiers suffisants. En effet, leur pouvoir d’achat a été obéré par le renchérissement des produits d’importation, surtout les hydrocarbures qui ont un effet boule de neige sur quasiment tous les produits de consommation courante.
C’est dans ce sens que 56% des sondés déclarent que leurs moyens financiers les obligent à réduire drastiquement leur budget alimentaire, alors que 33% d’entre eux disent craindre que la cherté de la vie ne finisse par les priver de nourriture suffisante.
Ce sondage a couvert 8 pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Il en ressort que le Maroc vit une situation bien maîtrisée, contrairement à certains de ses voisins régionaux où la cherté de la vie a pris des proportions incontrôlées. Ainsi, si 49% des sondés égyptiens et tunisiens reconnaissent avoir tiré un trait sur au moins un repas quotidien, ils sont 45% de Jordaniens et 35 % d’Irakiens à faire de même. Mais alors qu’en Cisjordanie, 41% des sondés disent sacrifier un repas par jour, cette proportion atteint des sommets en Syrie, où c’est la diète forcée pour 70 % des sondés. La faute à l’insuffisance des moyens financiers, affirment 65% de Syriens, 62% de Tunisiens, 61% d’Égyptiens et de Jordaniens, 47% d’Irakiens et 29% de Libanais. Sur la base de ces chiffres, «Barometer arabic» conclut que les populations des huit pays couverts par ce sondage dans la région MENA connaissent une insécurité alimentaire, minime dans certains pays comme le Maroc, mais de plus en plus grave dans d’autres pays de la région.




