Action gouvernementale 2021-2026: réformes structurelles réussies sans impact direct sur les citoyens

Lors d'une réunion du Conseil de gouvernement.

Revue de presseDans un rapport publié récemment, l’Observatoire de l’action gouvernementale (OAG) relève un paradoxe dans les réformes 2021-2026: si leur visée stratégique est saluée, leur traduction dans le quotidien des citoyens reste trop inégale. Le décalage persistant entre le rythme des grands chantiers et l’urgence sociale nécessite, selon lui, un meilleur équilibre entre vision de long terme et mesures à effet immédiat. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 23/04/2026 à 20h11

Un récent rapport de l’Observatoire de l’action gouvernementale (OAG), consacré à l’évaluation du bilan de la mandature 2021-2026, met en lumière la prégnance d’une logique de réformes structurelles à travers l’ensemble des grands chantiers nationaux. Qu’il s’agisse de l’édification de l’État social, de la généralisation de la protection sociale, de la gestion de l’eau et de l’énergie, ou encore de la modernisation des structures économiques et de l’investissement, ces projets revêtent un caractère stratégique indéniable. «Leur contribution à la consolidation des fondements du modèle de développement national apparaît, à cet égard, difficilement contestable», rapporte Assabah de ce vendredi 24 avril.

Néanmoins, soulignent les auteurs du document, Ali Ghanbouri et Mohamed Jadri, l’impact direct de ces transformations n’est pas ressenti par toutes les catégories de citoyens avec la même immédiateté que ne l’est l’ampleur des efforts déployés au niveau institutionnel. Ce paradoxe est d’autant plus frappant que nombre de ces chantiers ont exigé des investissements temporels et financiers considérables, alors même que les populations attendaient des effets concrets et rapides sur les prix, l’emploi, les services publics ou le pouvoir d’achat. Une telle situation révèle un certain décalage entre le temps propre aux réformes structurelles, nécessairement long, et le temps social, qui réclame des résultats immédiats.

La principale leçon tirée par le rapport est que la réussite d’une réforme structurelle ne saurait reposer uniquement sur la robustesse de sa planification. Elle exige également un accompagnement par des mesures dont les retombées sont rapides et directement perceptibles. Le document insiste sur le fait que ce bilan, riche en grands chantiers accomplis, a fait émerger plusieurs enseignements d’ordre politique et institutionnel qu’il conviendra d’intégrer dans les futures expériences gouvernementales. Car la valeur d’une évaluation ne réside pas seulement dans l’identification des dysfonctionnements, mais dans leur transformation en synthèses opérationnelles propres à fonder une efficacité accrue pour l’avenir.

«L’OAG met par ailleurs l’accent sur la nécessité d’instaurer la confiance avant même de valoriser les réalisations», souligne Assabah. Une réforme, si solide soit-elle sur le plan technique, perd une large part de sa portée politique si elle échoue à emporter l’adhésion de la société. En conclusion, le rapport recommande de conjuguer systématiquement réforme structurelle et impact direct. Le citoyen ne se satisfait plus de promesses de retombées futures incertaines ; il a besoin de mesures rapides qui améliorent ses conditions de vie, préservent son pouvoir d’achat et renforcent le sentiment d’un État proche de ses priorités quotidiennes.

Par Hassan Benadad
Le 23/04/2026 à 20h11