Gaza: 13 morts dans de nouvelles frappes israéliennes après l’accord sur le désarmement du Hamas

Des Palestiniens déplacés se tiennent près de maisons détruites dans le camp de Nuseirat, au centre de la bande de Gaza, le 19 décembre 2025. AFP or licensors

De nouvelles frappes israéliennes à travers la bande de Gaza ont fait au moins 13 morts, selon la Défense civile dimanche, quelques jours après l’annonce d’un accord sur le désarmement du mouvement islamiste Hamas et le retrait israélien du territoire palestinien.

Le 03/08/2026 à 07h29

D’après le texte de l’accord conclu sous l’égide du «Conseil de paix» du président américain Donald Trump, qui a été le premier à l’annoncer jeudi soir, Israël et le Hamas devront cesser leurs opérations militaires.

Le texte prévoit également «un retrait progressif des forces israéliennes des zones qu’elles contrôlent encore à Gaza», ainsi que le «démantèlement des groupes armés», dont le Hamas. Le mouvement islamiste a confirmé l’accord, tandis qu’Israël n’y a pas encore réagi officiellement.

Les frappes israéliennes ont fait cinq morts dimanche, après que huit personnes eurent été tuées au cours de la nuit précédente, les bombardements ayant touché plusieurs immeubles d’habitation, d’après la Défense civile.

Parmi les victimes, un homme et une femme ont été tués et plusieurs autres personnes blessées lorsqu’un «hélicoptère militaire israélien a frappé un appartement (...) au sud de Deir al-Balah», selon Mahmoud Bassal, porte-parole de l’organisme qui opère comme service de secours sous l’autorité du Hamas.

Un homme âgé et un enfant ont, eux, été tués dans une attaque contre un appartement situé dans l’ouest de la ville de Gaza. Une autre personne a péri «dans une frappe israélienne de drone ciblant un groupe de civils près d’un camp de déplacés» à Jabaliya, dans le nord du territoire.

Ailleurs, «trois personnes, dont un enfant, ont été tuées après qu’une frappe israélienne a visé un appartement appartenant à la famille al-Hams (...) au nord-ouest de Khan Younès», dans le sud de la bande de Gaza, a ajouté la même source.

La Défense civile a également affirmé que trois personnes d’une même famille, dont une femme enceinte, avaient été tuées dans un appartement de la tour al-Soussi, dans la ville de Gaza.

Deux frères qui se trouvaient à bord de leur véhicule ont par ailleurs été tués par un drone à Deir al-Balah, dans le centre du territoire, selon la Défense civile et l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa.

Entre espoir et peur

L’armée israélienne n’a pas commenté dans l’immédiat ces informations.

Samedi, elle avait affirmé avoir tué trois «terroristes», après que les autorités de Gaza eurent fait état de huit morts.

Israël et le Hamas s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre dernier. Les frappes israéliennes contre le territoire palestinien sont néanmoins restées très régulières.

Nickolay Mladenov, haut représentant pour Gaza auprès du «Conseil de paix», a regretté les dernières frappes, survenues après «d’intenses efforts (...) pour faire accepter une feuille de route aux factions palestiniennes», notamment concernant leur désarmement.

«Chaque partie est soumise à des obligations» conformément à l’accord conclu en octobre, a-t-il souligné sur X. «Parvenir à une paix durable est difficile, mais possible si chacun fournit les plus grands efforts.»

Ghazi Hamad, membre du bureau politique du Hamas et de son équipe de négociation, a dénoncé, de son côté, une «escalade qui prouve qu’Israël ne veut pas parvenir à un accord».

Vivant «entre l’espoir et la peur», Abdallah al-Hou, un trentenaire originaire du nord de Gaza, a réclamé un «véritable cessez-le-feu, car chaque heure de retard signifie davantage de victimes».

Interrogée samedi par l’AFP, l’armée israélienne a indiqué que ses soldats restaient déployés sur une partie du territoire «conformément à l’accord de cessez-le-feu».

Depuis octobre, au moins 1.222 Palestiniens ont été tués à Gaza, selon le ministère de la Santé, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. Sur le seul mois de juillet, 152 personnes ont péri, d’après la même source, soit le bilan mensuel le plus élevé depuis le début de l’année.

L’armée israélienne rapporte, pour sa part, avoir perdu cinq soldats dans le territoire au cours des dix derniers mois, ainsi qu’un employé civil sous contrat.

Les restrictions imposées aux médias et l’accès limité à la bande de Gaza empêchent l’AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur le terrain.

Par Le360 (avec AFP)
Le 03/08/2026 à 07h29