Le Hamas confirme un accord sur son désarmement à Gaza, un ministre israélien le juge «inacceptable»

Une vue d'ensemble montre les destructions à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 juillet 2026. (Photo de Bashar Taleb / AFP). AFP or licensors

Le Hamas a confirmé vendredi avoir accepté un accord prévoyant son désarmement et un retrait israélien progressif de Gaza, deuxième étape du plan initié par les États-Unis pour mettre fin à la guerre entre le mouvement islamiste palestinien et Israël.

Le 01/08/2026 à 07h00

Près de 24 heures après son annonce par Donald Trump, le gouvernement israélien n’avait pas réagi à l’accord, mais le ministre d’extrême droite israélien, Itamar Ben Gvir, l’a déclaré comme «inacceptable pour Israël».

Cesser les combats à Gaza «reviennent à accepter que le Hamas prépare le prochain massacre», a affirmé M. Ben Gvir, en référence à l’attaque sans précédent menée par le mouvement palestinien contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre.

«On a une entente avec Israël. Israël en est très content. Israël nous a aidés et s’est montré très coopératif à cet égard», a affirmé de son côté le président américain aux journalistes à Camp David.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lui a salué la «seule bonne nouvelle» venant d’une région minée par la guerre.

Dans l’étroit territoire surpeuplé où la situation humanitaire reste très préoccupante, des habitants oscillent entre scepticisme et espoir.

Israël «ne respecte pas les accords», «ils trouveront quelque chose» pour reprendre les combats, affirme Ahmed Aal, un chauffeur de taxi de 37 ans.

«Le peuple a payé le prix du sang. Le Hamas ne devrait absolument plus avoir aucun rôle à Gaza», plaide de son côté Mohammed Hamdouna, un enseignant déplacé.

Aucune arme remise à Israël

Plus de neuf mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, que les deux parties s’accusent mutuellement de violer, des responsables du Hamas ont confirmé à l’AFP qu’un accord avait été trouvé «concernant la question des armes» du mouvement et «un retrait progressif» des forces israéliennes.

Mais il n’y aura «aucun retrait» sans «véritable désarmement» du Hamas, a martelé vendredi une source politique israélienne, Israël exigeant la démilitarisation de la bande de Gaza.

Les forces israéliennes occupent plus de 60% du territoire, une zone délimitée de celle contrôlée par le Hamas par une «ligne jaune» de démarcation.

L’accord, une feuille de route en 15 points, publié vendredi par le «Conseil de paix» prévoit la cessation des opérations militaires des deux partis, et l’entrée dans le territoire du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) qui doit y gérer pendant la période de transition, la vie quotidienne.

Cette structure composée de technocrates palestiniens est actuellement basée en Egypte, empêchée par Israël d’accéder à Gaza.

Le NCAG sera en charge de manière progressive, et selon un calendrier défini, un processus de démantèlement et de stockage des armes lourdes du Hamas, de ses sites de production militaire, dépôts d’armes et tunnels, sans aucune remise d’arme à Israël ou à des organisations non palestiniennes.

L’opération sera liée à un retrait progressif d’Israël. La mise en œuvre de l’accord sera supervisée par un Comité international de vérification (IVC).

Le texte prévoit également le déploiement temporaire à Gaza de la Force internationale de stabilisation (ISF) - en cours de formation aux termes du plan de Donald Trump - pour surveiller le respect du cessez-le-feu et garantir l’acheminement de l’aide humanitaire.

«Suicide politique»?

Le Hamas compte désormais sur les médiateurs et le «Conseil de paix» pour contraindre Israël à respecter les termes de l’accord, a affirmé à l’AFP Ghazi Hamad, un membre de l’équipe de négociation du mouvement.

Le haut représentant pour Gaza au «Conseil de paix», Nikolaï Mladenov, a souligné que «le retrait (israélien) devait aller de paire avec le désarmement».

L’accord, annoncé deux jours après que Donald Trump a reçu à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, une nécessité des «mois de négociations très difficiles», a-t-il relevé.

Mais, à l’approche des législatives d’octobre, «il est hors de question que Netanyahu autorise un quelconque retrait ou une reconstruction à Gaza, cela ressemblerait à un suicide politique», estime Muhammad Shehada, chercheur au Conseil européen des relations internationales (ECFR).

Malgré le cessez-le-feu, les violences entre Israël et le Hamas se poursuivent depuis le mois d’octobre. Jeudi, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

La guerre à Gaza a fait plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.

Par Le360 (avec AFP)
Le 01/08/2026 à 07h00