Gaza: 11 morts dans des frappes israéliennes

Le journaliste d'Al Jazeera Mohammed Samir Wishah (à gauche) durant une interview. (PHOTO: X-tamerqdh)

Des sources médicales dans la bande de Gaza ont annoncé samedi la mort de onze personnes, dont un journaliste d’Al Jazeera et quatre membres d’une même famille, dans des frappes israéliennes, malgré le cessez-le-feu fragile en vigueur dans le territoire palestinien.

Le 21/06/2026 à 07h28

Ahmed Wishah, caméraman de la chaîne Al Jazeera, basée au Qatar, a été tué samedi dans une frappe aérienne qui a également coûté la vie à deux autres personnes. L’attaque a visé une maison du camp de réfugiés de Bureij, dans le centre du territoire, selon la Défense civile, un organisme opérant sous l’autorité du mouvement islamiste Hamas.

La chaîne avait annoncé plus tôt la mort de son caméraman dans une frappe menée, selon elle, au moyen d’un drone. Elle a ensuite condamné un «meurtre délibéré», soulignant qu’Ahmed Wishah était le 12e employé d’Al Jazeera tué à Gaza depuis le début de la guerre, en octobre 2023.

L’armée israélienne «confirme avoir mené une frappe contre Ahmed Wishah, qui était un terroriste du Hamas», a affirmé un porte-parole militaire à l’AFP, sans fournir immédiatement d’éléments à l’appui de ces accusations. Il a toutefois annoncé la publication ultérieure d’un communiqué «avec plus de détails».

Cette nouvelle mort d’un journaliste intervient dans un contexte où les médias présents à Gaza travaillent dans des conditions extrêmement limitées, entre restrictions d’accès, danger permanent et impossibilité pour de nombreuses rédactions internationales de circuler librement dans l’enclave. Depuis le début de la guerre, les organisations de défense de la presse alertent régulièrement sur le nombre très élevé de journalistes tués dans le territoire palestinien.

Plus tôt, une frappe menée dans la nuit de vendredi à samedi contre un immeuble du quartier de Sabra, dans la ville de Gaza, a tué quatre membres de la famille al-Safadi, les parents et leurs deux filles, a indiqué la Défense civile. Douze personnes ont également été blessées, selon la même source.

L’hôpital al-Chifa de Gaza a confirmé avoir reçu les corps de quatre membres de cette famille, dont deux enfants. Dans ce secteur densément peuplé, les habitants ont été réveillés en pleine nuit par l’explosion, avant de découvrir l’appartement éventré et des proches ensevelis ou blessés.

«Vers 02H00, mes cousins dormaient quand un missile les a frappés. Ils n’ont aucun lien avec le Hamas et ne sont impliqués dans rien. Ce ne sont que des enfants innocents», a affirmé Nael al-Safadi, un proche de la famille.

«Je n’aurais jamais imaginé que cela nous arriverait», a déclaré à l’AFP Mohammad al-Safadi, un autre parent, qui a survécu à la frappe.

Des images de l’AFP montrent un mur extérieur de l’appartement soufflé par l’explosion. À l’intérieur, des gravats, des vêtements, des matelas et d’autres effets personnels sont éparpillés dans un décor de destruction, comme si la vie quotidienne avait été brutalement éventrée avec les murs.

L’hôpital al-Chifa a également indiqué avoir reçu un cinquième corps après une frappe distincte de drone israélien dans le nord de Gaza-Ville. Plus tard dans la journée de samedi, trois autres personnes ont été tuées dans des attaques israéliennes séparées, toujours selon la Défense civile.

L’armée israélienne n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire sur ces autres frappes. Israël et le Hamas s’accusent presque quotidiennement de violer la trêve entrée en vigueur en octobre dernier. Malgré ce cessez-le-feu, la bande de Gaza reste en proie aux violences, faute de progrès vers une fin durable de la guerre et de mécanismes capables d’empêcher la reprise régulière des attaques.

Au moins 1.012 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l’autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. L’armée israélienne a, pour sa part, fait état de cinq morts dans ses rangs sur la même période.

Les restrictions imposées aux médias et l’accès limité à Gaza empêchent l’AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.

Par Le360 (avec AFP)
Le 21/06/2026 à 07h28