La dépression n’est pas seulement une crise qui affecte psychologiquement les individus, cette pathologie a également des effets néfastes sur l’économie. Dans son édition du vendredi 7 août, le quotidien Assabah évalue ces effets à une perte de quelque 10 milliards de dirhams par an pour l’économie marocaine.
Il s’agit d’une nouvelle étude scientifique, publiée dans la revue internationale de médecine Medical Teachers, sous le titre «Les effets économiques néfastes de la dépression dans 154 pays pour la période 2025-2050», qui prévoit que le Maroc pourrait subir une perte économique de 21 milliards de dollars, sur la base des prix de 2024. L’étude explique cette situation par les effets directs et indirects de la dépression sur le marché de l’emploi, la productivité et le capital humain. Cette perte est estimée à 0,504% du produit intérieur brut global sur la période précitée, qui s’étend sur un quart de siècle, soit 493 dollars par habitant.
L’étude ajoute que ses estimations sont fondées sur les effets de la dépression sur l’intégration au marché de l’emploi, le niveau d’études, l’expérience professionnelle, ainsi que sur les répercussions de cette pathologie en matière de baisse de la productivité et de la croissance économique.
L’étude a pour objectif de mesurer le coût économique de la dépression dans 154 pays à travers le monde au cours des 25 prochaines années, sur la base d’un modèle économique utilisant les données de la Banque mondiale et les résultats d’études relatives aux effets des maladies sur l’économie mondiale.
Comparativement aux pays de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), le Maroc occupe une position intermédiaire en matière de pertes économiques dues à la dépression. Ainsi, l’Arabie saoudite serait le pays le plus touché, avec 86,66 milliards de dollars de pertes, suivie d’Israël (80,84), de l’Iran (59,49), de l’Égypte (48,9) et de l’Algérie (29,04), devant le Maroc (21,23).
La région MENA, dans son ensemble, enregistrera des pertes économiques de 418 milliards de dollars sur la période 2025-2050, soit 0,376% de son PIB global. Malgré ces chiffres, elle se classe loin devant l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie centrale, et juste derrière l’Asie du Sud-Est et l’Amérique latine.
Enfin, l’étude révèle que les États-Unis sont le pays qui enregistrera la plus grande perte économique due à la dépression, estimée à 4,08 trillions de dollars, devant la Chine (2 trillions de dollars) et la Grande-Bretagne (475 milliards de dollars).



