El Jadida: accidents mortels, véhicules endommagés… la colère monte sur la «route de la mort» entre Bir Jdid et El Oulja

Vue de la route dégradée reliant Bir Jdid à El Oulja, dans la province d'El Jadida. (A.Gadrouz/Le360)

Le 06/08/2026 à 18h28

VidéoSurnommée à juste titre la «route de la mort», la liaison entre Bir Jdid et El Oulja, dans la province d’El Jadida, est devenue un axe préoccupant pour ses usagers. Sur la route provinciale 3471, les nids-de-poule, les fissures et l’absence d’entretien font de ce trajet une épreuve risquée, suscitant l’inquiétude des automobilistes, des chauffeurs de taxi et des riverains. Reportage.

À environ 10 kilomètres de la station de dessalement de l’eau de mer de Casablanca, située dans la commune de Lamharza Essahel, cet axe connaît une dégradation avancée. Les usagers rencontrés sur place dénoncent les dégâts répétés causés à leurs véhicules, notamment au niveau des pneus et des pièces mécaniques, entraînant des dépenses importantes de réparation.

«La route est dans un état catastrophique. Regardez les taxis et les voitures, ils sont tous endommagés», témoigne un habitant. «Cela fait plus d’un an que nous souffrons. Chaque jour, nous empruntons cette route et nos véhicules en paient le prix. J’ai éclaté un pneu à cause d’un trou. Qui va me rembourser?», s’interroge un chauffeur de taxi.

Un autre chauffeur de taxi affirme, de son côté, avoir été victime d’un accident en raison de la dégradation de la chaussée. «Nous empruntons cette route tous les jours, avec la peur qu’un nouvel accident se produise. Nous voulons simplement pouvoir exercer notre métier dans des conditions normales et en toute sécurité», témoigne-t-il.

Pour certains usagers, les frais de réparation deviennent difficilement supportables. Une Marocaine résidant à l’étranger affirme avoir dû remplacer les pneus avant de son véhicule après seulement quelques jours d’utilisation de cette route, pour une facture avoisinant les 5.000 dirhams. Les pneus arrière, également fortement endommagés, ont eux aussi dû être changés.

Au-delà des dégâts matériels, les habitants alertent sur les risques permanents que présente cet axe pour la sécurité des usagers. Plusieurs accidents graves y ont été enregistrés, dont celui qui a coûté la vie, il y a quelques mois, à un jeune motocycliste. «Un motard est mort ici il y a quelques mois. Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. Cinq ou six personnes ont déjà perdu la vie sur cette route», affirme un riverain. Face à la multiplication des drames, les habitants surnomment désormais cet axe la «route de la mort».

La situation devient encore plus dangereuse la nuit, en raison de l’absence d’éclairage public sur plusieurs portions, notamment près de la forêt.

Les conducteurs expliquent avoir du mal à repérer les trous et les fissures, un danger accentué pendant la période des pluies lorsque les nids-de-poule se remplissent d’eau et deviennent difficiles à distinguer. «Quand il pleut, l’eau recouvre complètement les nids-de-poule. Avec l’obscurité, on ne distingue plus rien. C’est extrêmement dangereux», nous déclare un conducteur.

Les habitants dénoncent également une différence de traitement entre les différents tronçons de cette liaison. Selon eux, la portion située en amont, qui dessert la station de dessalement et les résidences estivales, a fait l’objet de travaux de réhabilitation, tandis que ce segment, pourtant très fréquenté, demeure dans un état de dégradation avancé.

Face à cette situation, les riverains disent ne plus comprendre l’inaction des pouvoirs publics. «Ni le président de la commune, ni le conseil régional, ni les autorités provinciales… personne ne semble vouloir prendre en charge cette route», déplore un chauffeur de taxi.

Les habitants appellent ainsi à une intervention rapide des autorités compétentes afin de réhabiliter cet axe stratégique, devenu une source quotidienne de préoccupations pour les riverains comme pour les nombreux automobilistes qui l’empruntent.

Par Fatima Zahra El Aouni et Adil Gadrouz
Le 06/08/2026 à 18h28