Le projet colossal du Grand Stade Hassan II s’apprête à sortir de terre, avec une accélération marquée de son calendrier opérationnel. Alors que les travaux de terrassement touchent à leur fin dans la province de Benslimane, située à une trentaine de kilomètres de Casablanca, le chantier entre dans une étape déterminante. L’Agence nationale des équipements publics, agissant en qualité de maître d’ouvrage délégué, vient d’officialiser le lancement de l’appel d’offres relatif au lot 7. «Ce marché d’envergure, consacré à la réalisation de la coque extérieure et aux aménagements périphériques, représente un investissement estimé à 763 millions de dirhams et se distingue par un niveau d’exigence technique particulièrement élevé», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du vendredi 7 août.
Destiné à devenir la plus grande enceinte sportive du monde, avec une capacité de 115.000 spectateurs, cet ouvrage monumental symbolise les ambitions du Royaume en matière de rayonnement international et d’infrastructures de premier plan. Le chantier global s’articule autour d’investissements majeurs, à l’image des travaux de gros œuvre déjà engagés pour un montant de 3,2 milliards de dirhams. L’ensemble s’inscrira au cœur d’un complexe intégré de 100 hectares comprenant des terrains d’entraînement, des espaces hôteliers, un centre de conférences ainsi que des zones de stationnement dimensionnées pour accueillir un flux massif de visiteurs.
«Sur le plan architectural, l’édifice, imaginé par les cabinets Populous et Oualalou + Choi, rend un hommage explicite à l’identité culturelle marocaine en s’inspirant des lignes fluides et majestueuses de la tente traditionnelle», rappelle L’Economiste. Mais au-delà de la prouesse esthétique, le défi réside dans la rigueur des critères constructifs imposés aux entreprises. En raison des contraintes environnementales du site, exposé aux agressions climatiques et à la présence d’une nappe phréatique souterraine, les documents contractuels imposent l’usage exclusif de bétons à haute durabilité conformes à la norme marocaine NM 10.1.008, formulés pour garantir une pérennité d’au moins un siècle. De surcroît, le cahier des charges exige que le gâchage du béton soit effectué mécaniquement et directement sur place, ce qui contraint l’attributaire à déployer des centrales à béton opérationnelles avant toute opération de coulage.
«La sélection des prestataires s’annonce tout aussi stricte que le volet technique», précise L’Economiste. Afin de s’assurer de la viabilité d’un tel projet stratégique, le règlement de consultation fixe des exigences financières et opérationnelles très élevées. Les entreprises étrangères candidates devront faire la preuve de leur savoir-faire en justifiant de la réalisation, au cours de la dernière décennie, d’au moins deux chantiers d’importance similaire, dont la valeur individuelle atteint ou dépasse les 6 milliards de dirhams. Les critères de comparaison retiennent ainsi des réalisations d’infrastructures majeures telles que des enceintes sportives d’envergure, de grands hôpitaux, des aérogares, des complexes touristiques ou des tours de grande hauteur, écartant d’emblée les références relatives au secteur résidentiel.
Prévu pour être livré d’ici à la fin de l’année 2027, le Grand Stade Hassan II constitue le pilier central de la feuille de route marocaine pour la co-organisation de la Coupe du monde 2030 aux côtés de l’Espagne et du Portugal, affirmant le repositionnement stratégique du pays sur la carte des grandes compétitions mondiales.




