Une fraude fiscale et sociale de près de 200 millions de dirhams au sein d’un géant de la conserve

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Revue de presseEntre la minoration de plus de 80% du chiffre d’affaires, la dissimulation de comptes bancaires et le paiement occulte de salaires via de faux chèques fournisseurs, une entreprise du secteur des conserves se retrouve au centre d’un scandale financier majeur. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 31/07/2026 à 20h29

Un rapport d’audit financier d’une gravité inédite vient d’ébranler une grande entreprise de l’industrie agroalimentaire des conserves. L’enquête met en lumière un système hautement élaboré de fraude fiscale et de spoliation d’argent public, orchestré pour masquer l’activité réelle d’un acteur majeur du marché. Au cœur de ce dossier, des associés et actionnaires lésés ont déposé une plainte auprès de la justice et des autorités financières compétentes pour dénoncer des manipulations comptables, indique le quotidien Assabah dans son édition du weekend du 1er et 2 août.

L’analyse minutieuse des états financiers par le commissaire aux comptes révèle que le chiffre d’affaires déclaré a été minoré de plus de 80%, alors que le volume d’affaires effectif dépasse de plusieurs multiples les montants officiels. Pour orchestrer cette opacité, la direction s’est appuyée sur l’omission délibérée de pans entiers de la production, notamment la non-comptabilisation des matières premières, des emballages et des produits consommables.

Les infractions s’étendent également au domaine social, où le contrôle du temps de travail a permis de constater une sous-déclaration de la masse salariale supérieure à 70%. Cette manœuvre a sévèrement amputé l’assiette des cotisations dues à la Caisse nationale de sécurité sociale. Plus grave encore, les règlements de l’entreprise s’appuyaient sur des circuits parallèles illégaux, comme l’émission de chèques prétendument destinés à des fournisseurs qui servaient en réalité à payer les salaires des employés, ainsi que des virements sans contrepartie commerciale vers des filiales et des entités tierces, souligne Assabah.

L’expert a par ailleurs mis au jour l’utilisation de comptes bancaires clandestins, totalement dissimulés à l’administration fiscale et aux actionnaires. Dans le même temps, la valeur des stocks de produits finis a été artificiellement gonflée de plus de 25% en les enregistrant au prix de vente final plutôt qu’à leur coût de revient. Le sommet de cette ingénierie réside dans l’écart vertigineux entre les résultats: alors que les comptes officiels affichaient un bénéfice net modeste d’environ 5,4 millions de dirhams, la marge bénéficiaire réelle d’exploitation est estimée à près de 200 millions de dirhams.

En concluant que les documents comptables officiels ne reflètent en rien la réalité patrimoniale ou financière de l’entreprise, l’auditeur laisse ouvertes de lourdes interrogations sur le montant exact du préjudice subi par le Trésor public et l’identité des véritables architectes de cette fraude massive.

Par La Rédaction
Le 31/07/2026 à 20h29