L’attractivité du Maroc ne repose plus uniquement sur sa capacité à attirer davantage de visiteurs. Les chiffres présentés lors du GBB Investment Summit Morocco montrent que le secteur entre dans une phase où la création de valeur progresse plus rapidement que les volumes eux-mêmes.
Selon les données exposées par Hamid Bentahar, le Royaume a accueilli près de 20 millions de touristes en 2025, soit une hausse de 14% par rapport à 2024. Ce résultat revêt une portée particulière puisque l’objectif de 17,5 millions de visiteurs fixé par la feuille de route touristique pour 2026 avait déjà été dépassé dès l’année précédente.
La progression du nombre de visiteurs s’accompagne surtout d’une accélération des recettes. Les revenus touristiques ont atteint 138 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 21% sur un an. Cet écart entre la croissance des arrivées et celle des recettes traduit une amélioration de la dépense touristique et une montée en valeur de l’offre nationale.
Le poids économique du secteur s’en trouve renforcé. Le tourisme représente désormais 7,3% du PIB national, contre 6,8% en 2019. Les données présentées soulignent également une croissance de 38% de son poids économique par rapport à la période prépandémie, signe que l’activité touristique contribue davantage à la création de richesse qu’avant la crise sanitaire.
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L’amélioration des fondamentaux apparaît également dans les indicateurs d’exploitation hôtelière.
Le taux d’occupation a atteint 58% en 2025, soit 2,5 points de plus qu’en 2024 et 6 points au-dessus du niveau enregistré en 2019. Les données d’In Extenso et STR citées lors du sommet situent même ce taux à 61%, ce qui traduit une utilisation plus intensive des capacités existantes.
Une telle évolution constitue un signal particulièrement suivi par les investisseurs internationaux. Un marché capable d’améliorer simultanément ses volumes, ses prix et ses taux d’occupation offre généralement des perspectives de rentabilité plus attractives pour les opérateurs hôteliers et les fonds spécialisés.
L’analyse des revenus par chambre disponible confirme cette tendance. Les chiffres présentés montrent une progression moyenne nationale de 17% du RevPAR à fin mars 2026. Rabat affiche la plus forte hausse, avec 44%, devant Casablanca à 29%, Tanger à 26%, Agadir à 21%, Fès-Meknès à 18% et Marrakech à 9%.
Cette géographie de la croissance suggère que la dynamique touristique ne se concentre plus uniquement sur les destinations historiques. Plusieurs pôles urbains et balnéaires enregistrent désormais des gains de performance supérieurs à ceux des marchés les plus matures.
Une dynamique qui se prolonge en 2026
Les premiers mois de l’année confirment que la croissance observée en 2025 ne constitue pas un phénomène ponctuel.
À fin mai 2026, le Maroc avait déjà accueilli 7,7 millions de touristes, soit une progression de 7% par rapport à la même période de l’année précédente. Les recettes en devises ont atteint 44,4 milliards de dirhams, en hausse de 21%.
Le document présenté lors du sommet indique également que les nuitées dans les établissements classés ont atteint 14 millions à fin avril 2026, enregistrant une progression de 9%.
Cette évolution est particulièrement importante pour les investisseurs, car elle démontre que la croissance ne repose pas uniquement sur l’augmentation des flux d’entrée. L’allongement de l’activité dans les établissements d’hébergement renforce la visibilité économique des projets touristiques et améliore leur capacité à générer des revenus récurrents.
L’une des évolutions les plus suivies par les acteurs réunis à Rabat concerne le développement des «Branded Residences», un segment à l’intersection de l’immobilier de prestige et de l’hôtellerie.
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Selon les données présentées, ces actifs bénéficient d’une prime de valeur moyenne de 33% par rapport à l’immobilier haut de gamme traditionnel. Le marché mondial a enregistré une croissance de 180% entre 2014 et 2024 et a pratiquement triplé en l’espace d’une décennie.
Le document souligne également que 79% des projets sont aujourd’hui associés à des opérateurs hôteliers internationaux, ce qui permet aux investisseurs de bénéficier simultanément de la notoriété des marques, d’une gestion professionnelle et d’un potentiel de revenus locatifs.
L’intérêt pour ce segment est renforcé par les projections présentées pour le Moyen-Orient et l’Afrique, où une croissance supplémentaire de 270% est attendue d’ici 2031. Dans ce contexte, le Maroc apparaît comme l’un des marchés susceptibles de capter une partie significative de cette demande.
La réglementation cherche à sécuriser les investissements
La montée en puissance de ces modèles immobiliers s’accompagne d’une évolution du cadre juridique.
Les intervenants du sommet ont mis en avant les apports de la loi n° 80-14 relative aux résidences immobilières adossées. Le texte légalise les développements mixtes associant hébergement hôtelier et immobilier résidentiel haut de gamme.
Le document précise également que les actifs concernés doivent être exploités par des opérateurs professionnels. Cette exigence vise à garantir le respect des standards internationaux et à préserver la qualité des produits commercialisés.
L’extension du classement hôtelier aux résidences immobilières adossées participe à la même logique. Les investisseurs disposent ainsi d’un cadre de valorisation plus structuré, susceptible de renforcer la pérennité des actifs sur le long terme.
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Le programme Go Siyaha prévoit une enveloppe de 720 millions de dirhams afin d’accompagner 1.700 entreprises touristiques d’ici 2026. Le dispositif cible notamment les activités de loisirs, de divertissement, de tourisme expérientiel et les projets durables.
Le soutien financier peut atteindre 35% pour certains projets liés aux loisirs et au divertissement et 30% pour les projets d’hébergement associés à ces activités. Le programme prévoit également une prise en charge de 90% des coûts d’assistance technique dans plusieurs domaines, notamment la digitalisation, la finance, les opérations, les marchés et la durabilité.
Le document indique par ailleurs que 40% des projets soutenus devront répondre à des critères de durabilité, tandis que les initiatives écoresponsables pourront bénéficier d’un accompagnement renforcé.
Les grandes marques internationales renforcent leur présence
Cette amélioration des fondamentaux contribue à attirer un nombre croissant d’enseignes internationales.
Les données présentées au GBB Investment Summit Morocco font état d’une présence renforcée de groupes hôteliers de premier plan tels que Four Seasons, Ritz-Carlton, St. Regis, Fairmont, Waldorf Astoria, Banyan Tree, Park Hyatt, Aman, Sofitel, Pullman ou encore Radisson.
Leur implantation s’étend désormais à plusieurs destinations stratégiques, notamment Marrakech, Rabat-Salé, Casablanca, Tanger, Agadir, Taghazout Bay et Tamuda Bay.
Cette diversification géographique traduit une confiance élargie dans le potentiel du marché marocain. Elle contribue également à renforcer la visibilité internationale de la destination auprès des clientèles à forte valeur ajoutée.
Les échanges du GBB Investment Summit Morocco montrent que le tourisme marocain n’est plus analysé uniquement comme un secteur de fréquentation. Les investisseurs s’intéressent désormais à un écosystème plus large associant hôtellerie, immobilier touristique, résidences de marque, loisirs et services à forte valeur ajoutée.
La combinaison d’un trafic touristique en progression, de recettes en forte hausse, d’investissements privés dépassant 8 milliards de dirhams en 2025 et de 92.000 emplois directs créés entre 2022 et 2025 dessine un marché dont les fondamentaux se renforcent simultanément sur plusieurs fronts.
À l’approche de la Coupe du monde 2030, le défi ne résidera plus seulement dans l’augmentation des capacités d’accueil. L’enjeu portera davantage sur la capacité du Maroc à transformer cette dynamique touristique en cycle durable d’investissement, de création de valeur et de montée en gamme de son offre.




