L’effort d’investissement a franchi un nouveau cap au premier trimestre 2026, selon BMCE Capital Global Research qui confirme que la dynamique bénéficiaire des sociétés cotées reste étroitement liée aux grands secteurs structurants de l’économie nationale. D’après l’étude trimestrielle, les revenus agrégés des entreprises ayant publié leurs réalisations atteignent 87,7 milliards de dirhams, en hausse de 7,3% par rapport à la même période de 2025.
Cette progression apparaît d’autant plus significative qu’elle intervient dans un environnement marqué par des effets calendaires particuliers. Le rapport précise que le Ramadan et l’Aïd ont décalé une partie de l’activité vers le second semestre, tandis que les fortes précipitations ont affecté plusieurs segments des matériaux de construction.
Le document souligne ainsi que la croissance observée ne résulte pas d’un mouvement uniforme de l’ensemble du marché, mais d’une réallocation des moteurs sectoriels. Sur les 67 sociétés étudiées, 43 ont enregistré une progression de leurs revenus contre 22 en recul.
Le changement le plus notable concerne la montée en puissance du secteur minier. D’après ce rapport, les industries ont vu leur chiffre d’affaires progresser de 10,4%, essentiellement grâce aux exploitants miniers bénéficiant à la fois de la montée en régime de nouveaux projets et d’un contexte favorable sur les marchés des métaux.
Cette contribution se matérialise particulièrement à travers Managem. Le rapport précise que le groupe a constitué le principal vecteur de croissance des revenus de la cote, avec une progression de son chiffre d’affaires de 2,5 fois sur un an, portée notamment par les projets Boto et Tizert ainsi que par l’évolution favorable des cours des métaux précieux.
Selon le document, le secteur des mines a apporté à lui seul 3,7 milliards de dirhams de revenus supplémentaires au premier trimestre, devenant de loin le premier contributeur à la croissance globale des entreprises cotées.
Les banques marquent une pause après une année exceptionnelle
La progression globale aurait toutefois été plus importante sans le ralentissement du secteur financier. Le rapport indique que le produit net bancaire des établissements financiers recule de 4,1% à 24,1 milliards de dirhams.
Cette baisse ne provient pas des activités commerciales traditionnelles. Les auteurs estiment qu’elle est principalement liée à une base de comparaison particulièrement élevée au premier trimestre 2025, période durant laquelle les opérations de marché avaient bénéficié d’un environnement monétaire plus favorable.
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Le document nuance néanmoins cette contre-performance en soulignant que les revenus récurrents restent bien orientés. Les marges d’intérêt et les commissions affichent une progression proche de 8%, laissant entrevoir un profil de croissance plus équilibré pour le reste de l’exercice.
Cette distinction est importante pour les investisseurs. Elle suggère que le ralentissement observé relève davantage d’un effet technique sur les revenus de marché que d’un affaiblissement de l’activité bancaire fondamentale.
Une activité encore en phase d’accélération
Malgré la progression des revenus, les taux de réalisation annuels montrent que plusieurs secteurs n’ont pas encore pleinement déployé leur potentiel. Le rapport fait état d’un taux de réalisation de 21,8% pour les sociétés du Scope 40 hors assurances et courtage, contre 23,3% à la même période de l’année précédente.
Les industries affichent un taux de réalisation de 21,5%, tandis que les financières atteignent 22,9%. Selon le rapport, ce léger décalage reflète davantage un report d’activité qu’une dégradation de la demande. Les perturbations calendaires et les conditions météorologiques ont modifié le rythme habituel de certaines activités sans remettre en cause les tendances de fond.
Le signal le plus encourageant du trimestre provient probablement de l’investissement. D’après l’étude, les dépenses d’investissement des sociétés cotées ont augmenté de 29,1% sur un an pour atteindre 6,2 milliards de dirhams.
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Le transport concentre à lui seul 40% des investissements réalisés, avec 2,5 milliards de dirhams injectés au premier trimestre. Le rapport précise que cette dynamique est principalement liée aux projets de Marsa Maroc, notamment l’extension des capacités portuaires et la préparation de nouvelles infrastructures logistiques associées à Nador West Med.
Les télécoms représentent quant à eux 22% des investissements, Maroc Telecom ayant engagé 1,3 milliard de dirhams afin de renforcer ses infrastructures réseau et d’améliorer la qualité de service sur ses différents marchés.
Les mines demeurent également parmi les principaux investisseurs avec près de 964 millions de dirhams consacrés à la poursuite de projets stratégiques, notamment dans le cobalt et le gaz.
Au-delà des chiffres trimestriels, le rapport de BMCE Capital Global Research dessine le portrait d’une économie cotée en phase de préparation. Les revenus progressent, mais leur rythme reste influencé par des facteurs temporaires. Les banques traversent un ajustement technique tandis que les mines prennent le relais comme principal moteur de croissance.




