Levées de fonds: le Maroc maintient son rang dans un marché régional en nette reprise

Avec 1,7 million de dollars mobilisés en avril 2026, l’écosystème startup marocain renforce sa présence dans le top 10 régional de la zone MENA.. DR

Revue de presseEn avril 2026, les startups marocaines ont mobilisé 1,7 million de dollars, consolidant la présence du Royaume dans le top 10 de la région MENA. Malgré un recul mécanique au septième rang dû au retour des grands hubs régionaux, l’écosystème national affiche une progression des montants levés et s’appuie sur une structuration historique de son capital-investissement domestique. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 01/06/2026 à 18h57

Selon les données publiées par la plateforme Wamda, le Maroc s’est classé au septième rang de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) en avril 2026. «Avec 1,7 million de dollars mobilisés à travers une seule opération, le Royaume se positionne derrière les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Égypte, Oman, la Jordanie et Bahreïn», rapporte le quotidien Les Inspirations Eco du 2 juin.

En mars, le pays occupait la troisième place régionale avec 1,2 million de dollars répartis sur deux transactions. Ce changement de rang s’explique par la configuration du marché global : en mars, le marché était fortement ralenti et l’Égypte absente, ce qui avait temporairement hissé le Maroc sur le podium. En avril, bien que le classement recule de quatre places, le volume financier injecté dans les startups marocaines progresse de 500.000 dollars d’un mois à l’autre.

«Le marché de la région MENA a enregistré un net rebond en avril 2026, avec un total de 150 millions de dollars levés à travers 27 opérations, soit une augmentation de 211% par rapport au mois de mars», souligne Les Inspirations Eco. Cette reprise globale reste toutefois sélective et inférieure de 42% aux performances d’avril 2025. De plus, le financement par dette a représenté la moitié des capitaux mensuels, soit 80 millions de dollars concentrés sur seulement deux transactions. Les Émirats arabes unis ont consolidé leur position de premier pôle en captant plus de la moitié des fonds régionaux, tandis que l’Arabie saoudite et l’Égypte ont retrouvé leur rôle central.

Cette régularité du Maroc dans les radars régionaux s’adosse à une croissance plus profonde de son industrie nationale du capital-investissement. Le rapport annuel de l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC), publié en mai 2026, indique que les levées de capitaux nationaux ont atteint un niveau historique de 6,5 milliards de dirhams sur l’année 2025. Sur la période 2020-2025, les montants cumulés dépassent les 20 milliards de dirhams, soit quatre fois le volume enregistré entre 2014 et 2019, ce qui offre une base de financement plus stable et moins dépendante des seuls flux internationaux.

Le rapport de l’AMIC met également en évidence une montée en puissance des investisseurs marocains, qui ont généré 60% des montants levés entre 2020 et 2025, contre 30% lors de la période précédente. «En termes de typologie de transactions, le capital-amorçage et le capital-risque, qui ciblent directement les jeunes entreprises technologiques, ont représenté 60% du nombre total des opérations réalisées en 2025», note Les Inspirations Eco.

Si le capital-développement conserve la part majoritaire en valeur financière, la multiplication de ces tickets d’amorçage crée un vivier de transactions régulier. L’enjeu pour l’écosystème marocain consiste désormais à augmenter la taille de ces interventions pour accompagner le passage à l’échelle des startups lors des phases ultérieures de croissance.

Par La Rédaction
Le 01/06/2026 à 18h57