La fiscalité des boissons alcoolisées a donné lieu à des échanges nourris, mardi, au sein de la Commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants, lors de l’examen détaillé du projet de loi de finances (PLF) 2027.
Plusieurs élues ont exprimé leurs réserves à l’égard du relèvement des taxes sur ces produits, en particulier la bière, mettant en avant les risques de conséquences économiques et sanitaires non souhaitées.
Fadwa Rajouani, députée du groupe socialiste, a ainsi défendu le principe d’une taxation des boissons alcoolisées et des cigarettes, considérées comme des produits nocifs pour la santé. Elle a toutefois mis en garde contre le risque qu’une augmentation excessive de leur prix favorise le développement du commerce illégal et non structuré.
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Selon elle, une telle évolution pourrait pousser certains consommateurs vers des produits échappant aux circuits de contrôle, avec les risques sanitaires que cela comporte. La parlementaire a également plaidé pour une approche fiscale différenciée entre les produits importés et ceux fabriqués localement.
De son côté, Sanae Faouzi, députée du groupe de l’Alliance de la gauche, a soulevé la question de l’incidence de ces hausses sur l’activité touristique. Elle a notamment fait valoir que les établissements hôteliers accueillant une clientèle disposant d’un pouvoir d’achat limité pourraient être amenés à répercuter l’augmentation de leurs coûts sur les prix des prestations proposées.
La parlementaire a également interrogé le gouvernement sur la fiscalité des cigarettes électroniques et sur l’efficacité d’une hausse de leur prix pour réduire leur consommation, alors que la composition des produits commercialisés reste, selon elle, une question à prendre en considération.
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En réponse à ces inquiétudes, Fouzi Lekjaa, ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, a défendu le maintien des augmentations fiscales prévues. Il a notamment relativisé leur incidence sur le tourisme, en soulignant la faiblesse des montants supplémentaires qui devraient être supportés par les consommateurs.
Le ministre a indiqué que la hausse représenterait 1,55 dirham par litre de bière et 1,15 dirham par litre de vin. Des montants qu’il juge trop limités pour peser sur le choix d’un touriste de séjourner dans un établissement hôtelier au Maroc.
En substance, Lekjaa estime peu probable qu’un vacancier renonce à ses habitudes de consommation ou revoie sa destination de vacances pour une augmentation de 1,15 dirham sur un litre de vin. Une manière de répondre directement à l’argument selon lequel le renchérissement des boissons alcoolisées pourrait affecter la compétitivité des établissements touristiques.
Une fiscalité ciblant également les produits du tabac
Les échanges ont également porté sur la fiscalité du tabac. Sur ce volet, Fouzi Lekjaa s’est montré favorable à la poursuite du renchérissement des cigarettes, considérant que leur prix actuel demeure insuffisant pour inciter les consommateurs à réduire, voire à abandonner, leur consommation.
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Le ministre a défendu le recours progressif à l’instrument fiscal pour agir sur la relation entre le prix et le niveau de consommation, tout en reconnaissant que la taxation ne saurait constituer à elle seule une réponse au problème du tabagisme. L’école, la société et la sensibilisation aux risques sanitaires doivent également contribuer à cette lutte.



