L’arrondissement du Maârif, l’un des centres de Casablanca, se trouve à la croisée des chemins face aux évolutions de la métropole. Alors que la réhabilitation urbaine, la redynamisation commerciale, l’innovation numérique et la mobilité figurent au rang des priorités locales, la gestion de cette centralité urbaine exige une approche globale et structurée. Dans un entretien accordé au magazine hebdomadaire Challenge, le président du Conseil de l’arrondissement, Abdessadeq Mourchid, explique que pour redonner au Maârif son attractivité historique, les autorités locales ont mis en place un programme ciblé de réhabilitation couvrant les infrastructures de base, l’éclairage public, les espaces verts, ainsi que les marchés de proximité comme le grand marché du Maârif et le marché Rivera.
Ce renouvellement s’accompagne également d’interventions structurantes sur le tissu urbain. Abdessadeq Mourchid rappelle à ce titre que la publication du plan d’aménagement du Maârif ouvre la voie à l’engagement des procédures d’expropriation pour cause d’utilité publique, tout en tenant à préserver les commerçants qui y exercent actuellement leur activité grâce à une réhabilitation sur place.
Au-delà des infrastructures et du commerce, la revitalisation du quartier s’appuie sur le développement des loisirs, de la culture et du tissu associatif afin de créer un environnement épanouissant pour l’ensemble des résidents.
Les interventions publiques ont déjà permis de réhabiliter le centre culturel Mohamed Zafzaf et d’inaugurer le centre Ahmed Sabri dédié aux associations, tout en prévoyant de nouveaux théâtres et équipements sportifs pour rapprocher ces activités de la jeunesse. Parallèlement, l’arrondissement mise sur la transition numérique comme véritable levier d’insertion professionnelle.
Abdessadeq Mourchid précise que l’objectif est de faire des équipements publics des espaces d’apprentissage et d’ouverture sur les nouvelles opportunités économiques, illustrant cette orientation par l’ouverture d’un centre de gaming gratuit pour les jeunes au centre Zafzaf et le lancement à venir, via l’INDH, d’une plateforme dédiée à la formation et au travail dans les métiers du numérique au sein de l’ancienne bibliothèque.
Malgré ces avancées sectorielles, la métropole casablancaise reste confrontée à des défis structurels majeurs qui conditionnent son développement global et le quotidien de ses usagers. Parmi l’ensemble des enjeux urbains, la congestion routière apparaît comme le problème le plus urgent et le plus pénalisant pour l’économie régionale. Abdessadeq Mourchid affirme sans détour que la mobilité demeure le problème le plus pressant de la métropole, rappelant que les embouteillages affectent quotidiennement les habitants, les travailleurs et les opérateurs économiques alors même que les périodes de forte circulation semblent s’étendre au-delà des heures de pointe traditionnelles. Il note que bien que le Plan de développement du Grand Casablanca ait consacré 16 milliards de dirhams sur une enveloppe globale de 33 milliards à la mobilité, notamment au tramway et aux infrastructures routières, les besoins restent considérables et imposent de poursuivre les efforts à travers la réalisation de ponts, de trémies et une vision globale intégrant les transports collectifs.


