Casablanca investit 15 milliards de dirhams pour transformer ses déchets en électricité publique

Lors d'une session ordinaire du conseil communal de la ville de Casablanca, présidé par la maire Nabila Rmili

Lors d'une session ordinaire du conseil communal de la ville de Casablanca, présidé par la maire Nabila Rmili

Revue de presseDès décembre prochain, Casablanca amorce une transformation historique de son site d’enfouissement de Mediouna. La métropole y inaugurera un centre inédit en Afrique, alliant incinération et traitement de pointe, pour convertir les déchets en électricité dédiée à l’éclairage public. Un investissement colossal de 15 milliards de dirhams, conjugué à une ambitieuse réhabilitation écologique, dessine les contours d’une ville durable. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 24/05/2026 à 19h33

À compter du mois de décembre, la ville de Casablanca engage une expérience inédite dans la gestion de la décharge de Mediouna, en créant un centre destiné à substituer l’enfouissement traditionnel des déchets par la production d’énergie électrique, exclusivement réservée à l’éclairage public. La métropole s’apprête ainsi à lancer un projet dont la construction s’étalera sur trois ans, pour un investissement global de 15 milliards de dirhams. «Sur cette somme, 11 milliards seront consacrés aux seuls ouvrages, tandis que 4 milliards supplémentaires couvriront les coûts d’entretien sur une période de 33 ans», rapporte Al Ahdath Al Maghribia du lundi 25 mai.

Ce projet, qui comprendra un centre d’incinération ainsi qu’une unité de traitement de pointe, première du genre à ce niveau technologique sur le continent africain, s’inscrit dans une vision plus large: faire de Casablanca une cité durable et respectueuse de l’environnement. Pendant la phase de transition liée à la construction, qui durera trois ans, le nouvel opérateur sera chargé de la gestion de la décharge et de la poursuite des opérations d’enfouissement, avant un basculement progressif vers le modèle moderne de traitement et de valorisation des déchets. Cette période sera dédiée à l’installation des équipements, au déploiement des infrastructures et au démarrage des activités industrielles.

L’objectif est que le centre puisse procéder, dès la quatrième année, à une valorisation pleinement opérationnelle, exploitant l’intégralité de ses capacités en matière de recyclage et de production énergétique. La ville de Casablanca se portera acquéreur de l’énergie ainsi générée, via un mécanisme réunissant de nombreux partenaires institutionnels, parmi lesquels la Société régionale multiservices, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), ainsi que le ministère de la Transition énergétique et du développement durable.

La maire de Casablanca, Nabila Rmili, indique que «ce nouveau centre produira une quantité d’électricité capable de couvrir 20% des besoins énergétiques de la ville». Le futur centre d’enfouissement et de valorisation des déchets est d’ores et déjà considéré comme l’un des projets les plus coûteux et les plus colossaux de l’histoire de la capitale économique. «Il dépasse ainsi le coût des lignes I et II du tramway, qui avait atteint 13 milliards de dirhams, marquant une transformation décisive dans la gestion des déchets et la transition écologique de la cité», écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Parallèlement, l’ancienne décharge de Mediouna fait l’objet d’une vaste opération de réhabilitation, après avoir constitué pendant des années un point noir environnemental. Ce site sera transformé en un espace vert de 40 hectares, aménagé pour devenir un parc ouvert au public, comprenant des installations sportives et de divertissement.

Par Hassan Benadad
Le 24/05/2026 à 19h33