Conseil de la ville de Casablanca: un audit réalisé par la SRM dévoile des factures d’électricité de 450 millions de dirhams

Lors d'une session ordinaire du conseil communal de la ville de Casablanca, présidé par la maire Nabila Rmili

Lors d'une session ordinaire du conseil communal de la ville de Casablanca, présidé par la maire Nabila Rmili

Revue de presseUn audit financier réalisé par la Société régionale multiservices (SRM), dès sa prise de fonction dans la gestion de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement liquide après le départ de Lydec, a mis au jour un passif occulté de 450 millions de dirhams. Cette créance, contractée auprès des communes de Casablanca au titre d’arriérés antérieurs de factures d’électricité, se répartit entre le conseil de la ville et ses seize arrondissements. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 17/05/2026 à 19h31

À la faveur d’un audit financier conduit par la Société régionale multiservices (SRM), immédiatement après sa prise de relais dans la délégation de service public de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement liquide, à la suite du retrait de Lydec, une situation comptable alarmante a été exhumée. Les communes de Casablanca, en effet, sont redevables d’un montant global de 450 millions de dirhams au titre de créances en souffrance, dont l’origine remonte aux exercices antérieurs à la transition.

«Cette dette considérable se ventile comme suit: 300 millions de dirhams à la charge du conseil de la ville et 150 millions incombant aux seize arrondissements de la métropole», rapporte Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du lundi 18 mai. Dans ce même contexte, les responsables d’arrondissement ont exprimé leur stupeur en recevant une demande de la SRM les sommant de s’acquitter d’une somme de 9 millions de dirhams, correspondant à des impayés accumulés sur plusieurs années. Ces arriérés incluent des factures demeurées impayées, des écarts comptables non résolus, ainsi que des dysfonctionnements techniques liés au processus de transition entre l’ancien et le nouveau système de gestion.

Face à cette situation, la maire de Casablanca, Nabila Rmili, a adressé une correspondance officielle à l’ensemble des présidents d’arrondissement, les enjoignant de régulariser sans délai leur situation financière vis-à-vis de la SRM de la région Casablanca-Settat. Cette missive a provoqué une onde de choc au sein des commissions des finances et des affaires économiques, alors que celles-ci s’activaient à préparer les sessions ordinaires de juin. Les membres de ces instances se sont trouvés soudainement confrontés à des montants aussi substantiels, d’autant que nombre d’élus affirment n’avoir jamais été informés de l’ampleur réelle des engagements financiers dans les secteurs de l’électricité et de l’éclairage public.

Les élus ne cachent pas leurs inquiétudes quant aux répercussions de ces dettes sur les budgets des arrondissements et sur leurs programmes de développement à venir. Plusieurs présidents d’arrondissement, lors de réunions internes, ont fait part de leurs craintes face aux difficultés prévisibles pour honorer ces créances, en raison de la rareté des ressources financières disponibles et de la hausse des charges liées à la gestion des services locaux, à l’éclairage public et à l’entretien des espaces collectifs.

«Dans cette atmosphère de crise latente, plusieurs membres des conseils ont appelé à l’ouverture d’un débat élargi sur les causes profondes de l’accumulation de ces dettes, tout en réclamant la détermination des responsabilités administratives dans la gestion défaillante des exercices antérieurs», relaie Al Ahdath Al Maghribia.

Cet audit intervient dans un climat déjà marqué par des rapports émanant du ministère de l’Intérieur à destination des wilayas, lesquels font état d’indicateurs tout aussi inquiétants relatifs à l’aggravation des dettes des communes envers les sociétés gestionnaires de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement. Ces mêmes rapports soulèvent la difficulté croissante à préserver les équilibres financiers locaux, dans un contexte marqué par une envolée des dépenses de gestion et une stagnation des recettes fiscales propres.

Par Hassn Benadad
Le 17/05/2026 à 19h31