Flambée des prix et crise sociale: le Parlement convoque plusieurs ministres

Le siège du Parlement à Rabat.

Le Parlement, à Rabat.

Revue de presseDevant la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité et des hydrocarbures, l’opposition parlementaire monte au créneau. Plusieurs ministres clés du gouvernement sont appelés au pupitre pour rendre compte des dysfonctionnements des marchés, s’expliquer sur les pratiques spéculatives et la dégradation continue du pouvoir d’achat. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 03/11/2026 à 19h31

La flambée des prix des denrées alimentaires de première nécessité et des hydrocarbures au Maroc est à l’origine d’une vive contestation sociale, ce qui pousse plusieurs groupes et formations de l’opposition au Parlement à exiger que des ministres à des postes clés au gouvernement s’en expliquent. Cette situation économique difficile, marquée par l’envolée des coûts des légumes, des fruits et des viandes, reflète un mécontentement grandissant des consommateurs, confrontés à une dégradation de leur pouvoir d’achat. Les parlementaires veulent ainsi interpeller l’Exécutif sur les dysfonctionnements des marchés de grossistes et les répercussions de la hausse des prix sur l’ensemble des ménages, relaie Assabah de ce mercredi 4 novembre.

Devant cette pression politique accrue, plusieurs membres du gouvernement sont visés par des convocations de l’institution législative pour s’expliquer sur la gestion de cette crise. Parmi les ministres concernés, le ministre délégué chargé du Budget, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, ainsi que le ministre de l’Intérieur et le ministre de l’Industrie et du Commerce. Ces auditions devront se focaliser sur les problématiques liées à la production, au transport, à la distribution et aux mécanismes de régulation des prix des produits de première nécessité.

La hausse vertigineuse des prix touche de plein fouet les consommateurs, caractérisée par des prix sans précédent pour des produits de grande consommation. Les tomates atteignent quinze dirhams le kilogramme, les pommes de terre dix dirhams, tandis que le prix du poulet grimpe à vingt-cinq dirhams le kilo, aux côtés des viandes rouges et du poisson. Cette inflation persistante perdure, malgré les mesures de subvention spécifiques accordées aux importateurs pour l’exonération des droits de douane, ce qui révèle des défaillances structurelles dans la chaîne d’approvisionnement, lit-on dans Assabah.

Les partis de l’opposition reprochent également au gouvernement de ne pas avoir tenu ses engagements antérieurs en matière de lutte contre la spéculation et les intermédiaires véreux. Des élus dénoncent l’existence de réseaux organisés de spéculateurs qui profitent de la vulnérabilité des petits agriculteurs pour s’accaparer les marges, transformant des produits achetés à bas prix en denrées très onéreuses pour le consommateur final. Selon ces critiques, le manque de fermeté face à ces pratiques contribue directement à la hausse artificielle des prix dans les marchés de gros et de détail.

En réponse à ces accusations, le gouvernement indique une série de mesures et de réformes destinées à restructurer les circuits de distribution et à moraliser les marchés. Des programmes de modernisation des infrastructures commerciales ont été initiés, incluant l’allocation d’un milliard de dirhams pour la mise à niveau des marchés de gros, ainsi que la facilitation de l’importation de viandes pour stabiliser l’offre nationale. Le gouvernement insiste également sur la nécessité de réglementer les opérations d’exportation pour préserver l’approvisionnement du marché intérieur face aux tensions inflationnistes, écrit Assabah.

Le débat parlementaire à venir s’annonce décisif pour évaluer l’efficacité des politiques publiques face aux défis socio-économiques actuels. Les discussions porteront sur l’élaboration de nouveaux projets de loi relatifs aux sociétés régionales, présentés comme une priorité pour surmonter les dysfonctionnements structurels du secteur de la distribution. L’objectif affiché des autorités est de garantir la transparence des prix tout en protégeant le pouvoir d’achat des consommateurs et en assurant la sécurité alimentaire du pays.

Par La Rédaction
Le 03/11/2026 à 19h31