Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri, binôme candidat à la présidence de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), se préparent à prendre le relais à la tête de la centrale patronale pour les trois prochaines années.
À quelques jours de l’assemblée générale élective prévue jeudi 14 mai à Casablanca, le tandem candidat à la présidence de la CGEM pour le mandat 2026-2029 a dévoilé les grandes lignes de sa feuille de route. Présenté lors d’un point de presse organisé lundi 11 mai 2026 au siège de la Confédération, le programme met l’accent sur l’accélération de la transformation de l’économie nationale à travers la montée en gamme des entreprises.
Les deux candidats ont profité de cette occasion pour mettre en avant leur «implication de longue date au sein de la Confédération», ainsi que leur «connaissance approfondie de l’institution, de ses dossiers, de ses dynamiques, de ses forces et de ses marges de progression».
Pour «enrichir et finaliser» leur programme pour les trois prochaines années, Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri ont mené une large concertation. Ils ont, en effet, sillonné toutes les régions du pays pour aller à la rencontre des 37 fédérations et des 12 régions de la CGEM.
«Ces échanges extrêmement riches, ont réuni des chefs d’entreprise de toutes tailles et de tous secteurs. Ils ont permis de mieux comprendre certaines attentes et surtout de faire émerger des propositions directement issues du terrain et intégrées au programme présenté», a indiqué Mehdi Tazi.
Lire aussi : Info360. Une candidature unique pour la présidence de la CGEM, le binôme Tazi–Bachiri seul en lice
Évoquant le contexte économique dans lequel s’inscrit leur candidature à la présidence de la CGEM, les deux candidats ont estimé que «le Maroc traverse actuellement une séquence remarquable d’accélération». Ils ont notamment mis en avant une croissance de 4,9% durant deux années consécutives, un investissement public record de 380 milliards de dirhams prévu en 2026, ainsi que des investissements directs étrangers ayant atteint 56 milliards de dirhams en 2025.
Les deux candidats ont également souligné l’importante opportunité que représente l’organisation de la Coupe du monde 2030 au Maroc, aux côtés de l’Espagne et du Portugal. Ils y voient «un rendez-vous historique pour le Royaume», mais aussi un puissant levier pour le tourisme, l’investissement et le rayonnement international du Maroc.
Ils ont par ailleurs rappelé le cap fixé par le roi Mohammed VI visant à faire du secteur privé le principal moteur de l’investissement au Maroc.
Les deux candidats ont toutefois pointé plusieurs défis, liés notamment aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et aux profondes mutations induites par l’intelligence artificielle. Une technologie appelée, selon Mehdi Tazi, à «transformer les entreprises aussi profondément qu’Internet l’a fait il y a trente ans». Ils estiment néanmoins que ces mutations représentent aussi de véritables opportunités, que le Maroc est pleinement en mesure de saisir.
Dans ce contexte, le tandem affiche sa détermination à amener la CGEM à «franchir une nouvelle étape afin d’être encore plus mobilisée et d’avoir davantage d’impact sur l’ensemble des territoires et des typologies d’entreprises».
Environnement des affaires, innovation, souveraineté…
Pour concrétiser cette ambition, Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri ont structuré leur programme autour de cinq axes stratégiques.
Le premier concerne l’amélioration de l’environnement des affaires. Il prévoit notamment «un véritable choc de simplification administrative», avec la transition vers un modèle fondé sur le cahier des charges et le contrôle a posteriori, ainsi qu’une réforme du Code du travail et de la fiscalité locale, explique Mohamed Bachiri.
Ce volet comprend également des mesures visant à améliorer l’accès au foncier industriel, en particulier dans les zones sous tension, ainsi qu’à poursuivre les efforts en matière de financement bancaire et alternatif en faveur des TPME.
Le deuxième axe est consacré à la souveraineté productive. Il prévoit notamment l’accélération de la montée en gamme industrielle, le renforcement du taux d’intégration locale et du «Made in Morocco», ainsi que l’accélération de la transition énergétique et la réduction du coût de l’énergie. Le programme met également l’accent sur l’amélioration de la compétitivité logistique et la réforme de la formation professionnelle afin de mieux l’aligner sur les besoins des entreprises.
Dans ce cadre, Mohamed Bachiri insiste sur la nécessité de créer de nouveaux écosystèmes industriels, notamment dans le domaine de la machinerie industrielle, afin de réduire le recours massif aux importations de biens d’équipement.
De son côté, Mehdi Tazi estime que le modèle développé par l’industrie automobile doit être répliqué dans les autres filières industrielles, avec pour objectif d’atteindre un taux d’intégration locale d’au moins 70%.
Lire aussi : CGEM: l’élection du nouveau président fixée au 14 mai
Le troisième axe est consacré à l’innovation. Le binôme prévoit, dans ce cadre, de contribuer de manière «active» à la stratégie Digital Morocco 2030, notamment à travers le développement des infrastructures numériques et des data centers, l’adoption de l’intelligence artificielle ainsi que le renforcement des compétences digitales.
Le programme prévoit également un soutien accru à l’écosystème des startups, l’accélération de la digitalisation des TPME, ainsi qu’un rôle plus opérationnel de la CGEM via le Morocco Innovation Lab, dédié à la montée en gamme technologique des entreprises.
Le quatrième axe porte, quant à lui, sur le rayonnement international. Ce que le binôme compte concrétiser notamment par le renforcement de la compétitivité à l’export, un travail sur les normes et les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance), un accompagnement renforcé des TPME sur les marchés internationaux, ainsi que la mobilisation de la diaspora marocaine comme levier d’investissement et de compétences.
Enfin, le cinquième axe concerne le renforcement des synergies au sein même de la CGEM. Il s’agit notamment, précise Mehdi Tazi, de renforcer les synergies inter-fédérations, élargir cette dynamique à d’autres groupements de fédérations et rapprocher davantage les commissions régionales des commissions centrales afin de favoriser des projets communs et des rapprochements entre entreprises.




