Le marché marocain de la dette a gagné près de 11 milliards de dirhams en quatre mois. Son encours global s’est établi à 1.143 milliards de dirhams à fin avril 2026, contre 1.133 milliards à fin décembre 2025. Selon le 14e numéro de la Revue du marché des capitaux de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), les émissions ont atteint 83,06 milliards de dirhams sur la période, contre 72,32 milliards de dirhams de remboursements.
Ce différentiel positif de 10,74 milliards de dirhams traduit une progression contenue du recours au marché. Les nouveaux financements ont dépassé les titres arrivés à échéance, sans provoquer de rupture dans la trajectoire des encours. Le mouvement repose surtout sur les Bons du Trésor, qui demeurent le principal instrument de dette négociable au Maroc.
Leur encours s’élève à 805,69 milliards de dirhams, soit 70,4% de l’ensemble du marché. Les obligations en représentent 19%, contre 8,5% pour les titres de créance négociables. Le solde correspond aux titres émis par les fonds de placements collectifs en titrisation. Une telle répartition place la dette souveraine au centre du dispositif, mais laisse également apparaître des compartiments complémentaires répondant à des horizons de financement distincts.
Les levées du Trésor ont totalisé 47,75 milliards de dirhams entre janvier et avril 2026, tandis que les remboursements ont atteint 43,51 milliards. L’encours des Bons du Trésor a ainsi progressé de 4,23 milliards de dirhams depuis le début de l’année, d’après la Revue.
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La composition des émissions renseigne davantage sur la stratégie de financement. Les maturités moyennes ont concentré 79,3% des montants mobilisés, loin devant les échéances courtes, qui en ont représenté 15,1%, et les maturités longues, limitées à 5,6%. Le Trésor a donc principalement recherché un équilibre entre coût de financement et étalement des remboursements.
Un recours massif aux échéances courtes aurait rapproché les besoins de refinancement et accru la fréquence des retours sur le marché. La prédominance du moyen terme permet, au contraire, de répartir les échéances sur plusieurs exercices, tout en entretenant les segments les plus utilisés de la courbe des taux.
Les rendements servis se sont situés entre 2,15% et 2,9%. Selon le document, le Trésor a ainsi pu lever près de 48 milliards de dirhams en quatre mois dans une fourchette relativement resserrée. Ces émissions fournissent également des références de prix aux autres acteurs, puisque les taux souverains servent de base à l’évaluation du coût des financements obligataires privés.
Les obligations installent le financement dans la durée
Le compartiment obligataire suit une logique différente. Ses émissions ont atteint 6,5 milliards de dirhams au cours des quatre premiers mois de 2026 et ont porté exclusivement sur des maturités longues. Les taux se sont échelonnés entre 2,75% et 4,37%, selon les caractéristiques des opérations et le profil des émetteurs.
Face à ces levées, les remboursements se sont limités à 1,83 milliard de dirhams. L’encours obligataire a donc augmenté de 4,67 milliards pour atteindre 216,81 milliards de dirhams. Sa progression nette dépasse légèrement celle des Bons du Trésor sur la même période, même si son poids dans le marché reste nettement inférieur.
Ce décalage de maturité répond à la fonction propre de l’obligataire. Contrairement aux instruments destinés à gérer des besoins temporaires de trésorerie, les obligations permettent de sécuriser des ressources sur des périodes plus longues. Elles élargissent ainsi les possibilités de financement offertes aux émetteurs et complètent les ressources bancaires traditionnelles.
Les titres de créance négociables occupent un troisième espace, davantage orienté vers l’ajustement des besoins de financement. Leurs émissions ont totalisé 27,7 milliards de dirhams, dont 52,6% provenaient du secteur bancaire. Cette prépondérance reflète le rôle de ces instruments dans la gestion des ressources et de la liquidité des établissements de crédit.
Les certificats de dépôt affichent un encours de 50,02 milliards de dirhams. Ils devancent les bons de sociétés de financement, dont l’encours atteint 36,93 milliards, et les billets de trésorerie, à 10,76 milliards. Chaque catégorie répond à un type d’émetteur et à une temporalité particulière, ce qui permet au marché de couvrir des besoins allant de la trésorerie courante au financement de long terme.
La circulation des titres confirme enfin la centralité de la dette souveraine. Selon la Revue, les opérations de prêt de titres ont atteint 163 milliards de dirhams entre janvier et avril 2026, en hausse de 36,6% sur un an. Les Bons du Trésor ont représenté 97,9% des volumes échangés sur ce compartiment.




