Légumes sous serre: les exportations marocaines vers l’UE progressent de 55,9%

Les serres du Souss-Massa concentrent l’essentiel de la production exportable.

Les importations européennes de tomates, poivrons, concombres, aubergines et courgettes ont progressé de 60% en une décennie. Premier fournisseur sur plusieurs segments, le Maroc a accru ses volumes de 55,9%, mais l’émergence de nouveaux exportateurs commence à modifier les rapports de force.

Le 27/08/2026 à 12h40

Le marché européen des légumes sous serre s’est considérablement ouvert aux fournisseurs extérieurs. Les importations des cinq principaux produits étudiés sont passées d’une moyenne annuelle de 828.000 tonnes entre 2015 et 2017 à 1,33 million de tonnes entre 2023 et 2025, soit une hausse de 60,1%. Cette progression offre au Maroc un débouché en expansion, mais elle attire aussi des concurrents capables de gagner rapidement des parts de marché, selon les données d’Eurostat exploitées dans la série d’analyses «Overview of Greenhouse Vegetables in the EU», publiée par HortiDaily.

Selon Eurostat, le Royaume et la Turquie occupent désormais une position centrale dans l’approvisionnement de l’Union européenne en tomates, poivrons, concombres, aubergines et courgettes. Leur poids cumulé représentait, en 2025, entre 65% des importations d’aubergines et 91% de celles de tomates.

Dans cette configuration, la performance marocaine reste solide en volume, avec des exportations vers l’Union européenne qui ont augmenté de 55,9% sur la période étudiée. Ainsi, le marché européen croît suffisamment pour soutenir les ventes marocaines, sans pour autant garantir le maintien de leurs parts relatives.

La domination marocaine apparaît particulièrement nette sur le marché de la tomate. Le rapport précise que le Maroc représentait 68,1% des importations européennes en provenance de pays tiers en 2025, tandis que ses volumes avaient progressé de 53,4%.

Une telle part place le Royaume loin devant ses concurrents et confirme le rôle du marché européen dans les débouchés de la filière marocaine. L’évolution sur dix ans révèle néanmoins une érosion relative: la part marocaine était encore plus élevée en 2015. Le Royaume vend davantage, mais il capte une proportion moins importante d’un marché devenu plus vaste et plus disputé.

Ainsi, l’avantage marocain ne disparaît pas, mais change de nature et ne repose plus uniquement sur une position historiquement dominante. Il doit désormais être défendu sur un marché où les fournisseurs méditerranéens renforcent leurs capacités d’exportation et se disputent la croissance additionnelle de la demande européenne.

La courgette signale un recul plus marqué

Le basculement est plus visible sur le marché de la courgette. D’après la source, les importations européennes en provenance du Maroc ont reculé de 4,5%, tandis que les volumes turcs ont presque doublé, avec une hausse de 92,8%.

La conséquence apparaît directement dans les parts de marché où le Maroc représentait 72,5% des importations européennes de courgettes en 2015, contre 49,1% en 2025.

Ce segment constitue le principal signal de vigilance pour l’offre marocaine. Contrairement à la tomate, où le recul relatif s’accompagne encore d’une forte progression des volumes, la courgette associe perte de parts de marché et légère contraction des quantités exportées. Le phénomène peut traduire une concurrence plus intense, une réorientation de la production ou une évolution de la demande européenne, mais le document ne permet pas d’en isoler précisément la cause.

La situation des aubergines obéit à une logique différente. Dans cette filière, le Maroc et la Turquie représentent à eux deux 65% des achats européens auprès des pays tiers, ce qui confirme la concentration de l’approvisionnement autour des deux rives de la Méditerranée.

Le marché du poivron offre une configuration plus favorable au Maroc selon le rapport, qui précise que les volumes marocains destinés à l’Union européenne ont augmenté de 80,6%.

Le concombre présente un paysage encore plus fragmenté. Les importations européennes en provenance du Maroc ont progressé de 168,5%. Sur ce produit, le Maroc participe pleinement à l’expansion du marché, mais sans bénéficier d’un avantage aussi prononcé que sur la tomate.

La progression globale des exportations marocaines confirme la capacité du Royaume à répondre à l’augmentation des besoins européens. Elle révèle cependant des trajectoires très différentes selon les produits: domination persistante sur la tomate, croissance soutenue sur le poivron et le concombre, mais recul sensible sur la courgette.

Par Mouhamet Ndiongue
Le 27/08/2026 à 12h40