Légumes frais: le Maroc exporte plus de 2 milliards de dollars et intègre le top 10 mondial

Des légumes frais.

Portée par une hausse de la valeur unitaire de ses produits, l’offre maraîchère marocaine poursuit son ascension sur les marchés internationaux. Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada, le Royaume figure désormais parmi les dix premiers exportateurs mondiaux de légumes frais, malgré un recul des volumes expédiés.

Le 22/06/2026 à 11h37

Le Maroc continue de gagner du terrain dans le commerce agricole mondial. Selon l’Aperçu statistique de l’industrie canadienne des légumes de plein champ 2025 publié par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), le Royaume a exporté pour 2,03 milliards de dollars de légumes frais en 2025, en hausse de 6,1% sur un an.

Cette performance permet au Maroc de représenter 3,5% du commerce mondial des légumes frais et d’occuper la 9ème place mondiale en valeur. Le rapport souligne également que le Royaume conserve le 8ème rang mondial en volume, avec 1,293 million de tonnes exportées, soit une baisse de 8,1% par rapport à l’année précédente.

L’écart entre l’évolution des volumes et celle des recettes constitue l’enseignement majeur de l’étude. Malgré des quantités exportées moins importantes, les revenus progressent, signe que la compétitivité marocaine repose de plus en plus sur la valeur créée plutôt que sur la seule croissance des tonnages.

D’après le document canadien, la valeur moyenne des exportations marocaines de légumes frais a atteint 1.571 dollars américains par tonne en 2025, en progression de 15,4% sur un an.

Cette évolution traduit un repositionnement progressif de l’offre marocaine vers des segments davantage rémunérateurs. Les marchés internationaux accordent désormais une importance croissante à la qualité des produits, à la traçabilité, à la conformité sanitaire et à la régularité des approvisionnements.

Dans ce contexte, la capacité à vendre plus cher devient un facteur de compétitivité aussi important que la capacité à produire davantage. Le rapport d’AAC montre ainsi que le Maroc parvient à accroître ses recettes d’exportation alors même que ses volumes reculent.

Cette dynamique reflète également les transformations engagées dans l’agriculture nationale, notamment la modernisation des exploitations, le développement des infrastructures d’irrigation, l’amélioration des chaînes logistiques et l’intégration progressive de technologies agricoles plus performantes.

Une place croissante dans les échanges agricoles mondiaux

L’entrée du Maroc dans le cercle des dix premiers exportateurs mondiaux de légumes frais dépasse le simple enjeu commercial. Elle renforce sa visibilité auprès des grands marchés importateurs et consolide sa position dans les chaînes de valeur agricoles internationales.

Le rapport d’Agriculture et Agroalimentaire Canada souligne que le Royaume figure désormais parmi les acteurs majeurs du secteur. Cette position intervient dans un contexte où les questions de sécurité alimentaire occupent une place centrale depuis les perturbations provoquées par les crises géopolitiques, les tensions logistiques et les aléas climatiques.

Le Maroc dans le commerce mondial des légumes frais en 2025

Indicateur20242025Évolution
Valeur des exportations1,91 milliard USD2,03 milliards USD+6,1 %
Volume exporté1,407 million de tonnes1,293 million de tonnes-8,1 %
Valeur moyenne par tonne1.361 USD1.571 USD+15,4 %
Part du marché mondial (valeur)3,3 %3,5 %+0,2 point
Rang mondial (valeur)9e9eStable
Part du marché mondial (volume)2,8 %2,6 %-0,2 point
Rang mondial (volume)8e8eStable

La capacité à assurer des approvisionnements réguliers devient un atout économique mais aussi stratégique. Pour le Maroc, dont l’agriculture demeure un secteur clé en matière d’emplois, de devises et d’activité économique, le maintien de cette présence sur les marchés internationaux constitue un levier de compétitivité important.

La performance enregistrée en 2025 ne masque toutefois pas les défis auxquels reste confrontée l’agriculture marocaine. La baisse des volumes exportés intervient alors que les contraintes hydriques continuent de peser sur la production agricole.

Les épisodes répétés de sécheresse et la pression sur les ressources en eau limitent les marges d’expansion de certaines cultures. Dans ce contexte, l’amélioration de la valeur des exportations apparaît aussi comme une réponse économique à une contrainte structurelle.

Lorsque la ressource devient plus rare, l’enjeu consiste moins à produire davantage qu’à maximiser la valeur créée par chaque tonne exportée. Les chiffres publiés par AAC illustrent précisément cette évolution: les recettes progressent malgré une contraction des volumes.

Un modèle davantage orienté vers la création de valeur

Au-delà du cas marocain, l’étude met en évidence une transformation plus large du commerce agricole mondial. Les gains de compétitivité reposent de plus en plus sur la qualité des produits, l’efficacité logistique, l’innovation et la maîtrise des chaînes de valeur.

Les pays qui parviennent à combiner productivité, résilience climatique et valorisation commerciale renforcent leur position sur les marchés internationaux. Selon les données d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, le Maroc semble s’inscrire dans cette trajectoire.

L’augmentation des recettes d’exportation malgré le recul des quantités expédiées traduit une évolution du modèle agricole vers une logique de création de valeur. Une orientation qui pourrait devenir déterminante à mesure que les contraintes climatiques et les exigences des marchés internationaux se renforcent.

Par Mouhamet Ndiongue
Le 22/06/2026 à 11h37