Laâyoune: le défi environnemental du chantier du plus long pont du Maroc

Le chantier du plus long pont du Maroc, au-dessus de l’oued Sakia El Hamra à Laâyoune, affiche un taux d’avancement de 56%. (H.Yara/Le360)

Avec un investissement de 1,38 milliard de dirhams, le projet de construction du plus long pont du Royaume à Laâyoune se poursuit à un rythme soutenu. Les équipes du chantier veillent parallèlement à préserver l’écosystème de l’oued Sakia El Hamra, classé zone humide d’intérêt national.

Le 11/10/2026 à 14h51

Les travaux de construction du plus long pont du Maroc, à Laâyoune, affichent un taux d’avancement de 56%. Mené jour et nuit, ce chantier structurant mobilise une enveloppe budgétaire d’environ 1,38 milliard de dirhams. Il s’inscrit dans le cadre du nouveau modèle de développement des provinces du Sud et vise à améliorer les conditions de circulation et la connexion de la ville avec ses environs.

Au-delà des exigences techniques et des délais de réalisation, le projet doit relever un défi majeur, celui de préserver l’environnement naturel de l’oued Sakia El Hamra, dont les berges abritent une végétation désertique et une faune composée notamment d’oiseaux résidents et migrateurs, dont des flamants roses.

Sur place, les équipes du chantier ont mis en place des mesures spécifiques pour limiter les effets des travaux sur cet écosystème. Le360 a rencontré Mbarek Fancha, directeur central du projet de la voie express Tiznit-Dakhla alors qu’il présentait aux membres de l’équipe les consignes à respecter avant leurs interventions sur le terrain.

Le responsable souligne que la réalisation de cet ouvrage exige une vigilance permanente afin de protéger les espèces animales et végétales présentes dans la zone. Des consignes et des formations régulières sont ainsi dispensées aux ouvriers pour les sensibiliser aux bonnes pratiques environnementales. Selon lui, le projet a obtenu l’approbation de la Commission nationale de l’environnement, dans le cadre des mesures de suivi et de prévention mises en place.

La protection de l’environnement intervient dès la conception de l’ouvrage. L’espacement prévu entre les piles du pont tient notamment compte des deux lits de l’oued, afin de préserver son fonctionnement naturel. D’autres mesures concernent la gestion des déchets, la collecte des huiles issues des engins de chantier et la réduction des nuisances sonores susceptibles de perturber les oiseaux et les autres espèces présentes dans la zone.

Mustapha Chrif, responsable de la sécurité, de la santé au travail et de la protection de l’environnement, précise que le chantier dispose d’une «équipe verte» chargée de veiller en permanence à la propreté du site et au respect des règles environnementales, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Pour limiter la dispersion des poussières, les pistes et les zones de circulation font l’objet d’arrosages réguliers. La vitesse des véhicules et des engins est également plafonnée à 20 km/h, afin de réduire les émissions de poussières et les nuisances sonores.

Le dispositif comprend aussi des appareils de mesure du bruit permettant de suivre les niveaux sonores dans la zone de l’oued Sakia El Hamra. L’objectif est de limiter autant que possible les perturbations pour les oiseaux qui se déplacent entre les deux rives.

La gestion des huiles usagées fait, elle aussi, l’objet de procédures spécifiques. Elles sont collectées dans des espaces aménagés pour éviter tout écoulement susceptible de contaminer les sols et les eaux souterraines. Une entreprise spécialisée prend ensuite en charge leur traitement, leur recyclage ou leur valorisation, selon leur nature.

Les déchets chimiques sont, pour leur part, collectés et stockés dans des espaces dédiés avant d’être acheminés vers des sites autorisés. Le chantier applique également un système de tri sélectif, avec des conteneurs distincts pour les déchets ménagers, les déchets dangereux, les plastiques et les métaux.

Un ouvrage structurant pour la mobilité

Au-delà de ses dimensions environnementales, ce pont est appelé à jouer un rôle important dans l’organisation des déplacements à Laâyoune. En franchissant l’oued Sakia El Hamra, il doit faciliter les liaisons entre la ville et ses périphéries nord, ouest et sud, tout en contribuant à désengorger le trafic, notamment celui des poids lourds et des véhicules de grande dimension.

L’amélioration de la circulation devrait également favoriser les échanges économiques et l’activité touristique, en renforçant la connexion entre les différents secteurs de la ville et les territoires environnants.

Par Hamdi Yara
Le 11/10/2026 à 14h51