Le développement ferroviaire marocain commence à produire un effet d’entraînement au-delà de la construction de nouvelles lignes. Créée le 1er juillet par Vossloh Services France et Futrifer Indústrias Ferroviárias, la coentreprise Vossloh Futrifer Services Maroc vise un marché appelé à croître avec l’extension des infrastructures et l’augmentation des besoins d’entretien. Son implantation à Casablanca rapproche les capacités techniques des réseaux exploités par l’ONCF ainsi que des lignes urbaines de Casablanca et de Rabat.
D’après le communiqué publié à cet effet, la nouvelle société interviendra sur les aiguillages et les croisements, le soudage de rails mobiles, le meulage, le fraisage et la maintenance générale des voies. Ce positionnement répond à un mécanisme économique central: plus le réseau ferroviaire s’étend et gagne en intensité d’exploitation, plus les dépenses nécessaires à sa disponibilité, à sa sécurité et à sa durée de vie prennent de l’importance.
La maintenance devient ainsi un marché industriel à part entière, distinct des grands contrats de construction mais directement alimenté par eux.
Le choix du Maroc repose précisément sur cette profondeur de marché. Le communiqué publié à cet effet souligne que le Royaume investit massivement dans l’expansion de son réseau à travers le Plan ferroviaire Maroc 2040, lequel prévoit la construction de 1.300 kilomètres de lignes à grande vitesse.
Pour Vossloh et Futrifer, la création d’une structure locale permet donc de se positionner sur des besoins récurrents, moins dépendants du calendrier ponctuel des grands chantiers.
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Cette implantation prolonge également une relation industrielle déjà établie. Le communiqué rappelle que Vossloh est présent au Maroc depuis plusieurs décennies et qu’il a remporté, en 2024, une commande importante portant sur des systèmes de fixation et d’aiguillage destinés à la nouvelle ligne à grande vitesse entre Casablanca et Marrakech. Le passage de la fourniture d’équipements aux services d’entretien élargit ainsi la chaîne de valeur couverte par le groupe sur le marché marocain.
Le Maroc y gagne une offre technique de proximité capable d’accompagner simultanément le réseau national et les transports ferroviaires urbains. Vossloh Rail Services estime que la coentreprise renforce la position du groupe en Afrique du Nord tout en soutenant «la mobilité durable sur l’un des marchés les plus dynamiques du continent». Le Royaume apparaît, dans cette stratégie, comme une base opérationnelle destinée à consolider une présence régionale plutôt que comme un simple marché de livraison.
Une montée en compétences prévue dès 2027
La première phase reposera sur des équipes expérimentées de Vossloh Services France et de Futrifer, partenaires en France depuis 2024. Le document précise toutefois qu’à partir de 2027, la société prévoit de recruter et de former spécifiquement des travailleurs marocains. L’enjeu dépasse la création immédiate d’emplois, car il concerne le transfert de savoir-faire dans des métiers techniques associés au soudage manuel et robotisé, au traitement des rails et à la maintenance d’équipements spécialisés.
Cette trajectoire pourrait être renforcée par l’initiative sectorielle à laquelle participe Vossloh pour créer un centre de formation consacré à l’industrie ferroviaire au Maroc. La combinaison entre implantation commerciale, formation technique et exploitation d’un marché national en expansion offre les conditions d’une expertise locale durable. Elle peut également réduire progressivement la dépendance aux interventions étrangères pour certaines opérations de maintenance à forte technicité.
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Les résultats publiés le 27 mars 2025 donnent une mesure des moyens engagés par l’industriel. Vossloh a enregistré en 2024 des commandes en hausse de 12,1%, à 1.364,9 millions d’euros, tandis que son chiffre d’affaires a atteint 1.209,6 millions d’euros. Son résultat d’exploitation s’est établi à 105,2 millions d’euros, avec une marge de 8,7%. Le rappel précise que le Maroc figurait parmi les marchés internationaux ayant soutenu la demande du groupe.
La coentreprise de Casablanca inscrit donc le Royaume dans une stratégie industrielle plus large, portée par la croissance des services liés au cycle de vie des infrastructures. Selon l’entreprise, la nouvelle société permettra d’acquérir de l’expérience sur de nouvelles zones géographiques et de renforcer l’internationalisation de l’entreprise.
Elle contribuera aussi à structurer au Maroc une filière de maintenance susceptible d’accompagner les investissements nationaux et, à terme, le développement ferroviaire régional.




