Le Maroc commence à préciser les conditions techniques et économiques du développement de l’éolien offshore sur sa façade atlantique. OWC a annoncé, le 3 septembre 2026, conduire pour la Banque européenne d’investissement (BEI), avec l’aval de Masen, l’étude de faisabilité du premier projet marocain de cette nature. Le programme, centré sur une zone maritime proche d’Essaouira, doit s’étaler sur deux ans.
L’annonce marque surtout le passage d’une logique d’identification du potentiel à une analyse beaucoup plus opérationnelle. Selon OWC, les travaux ne se limiteront pas à mesurer la qualité du vent. Ils porteront également sur la chaîne d’approvisionnement, les infrastructures portuaires, le raccordement au réseau électrique, le cadre réglementaire ainsi que les dimensions environnementales et sociales du projet.
OWC pilotera un consortium réunissant PHENIXA, Gaïa Terre Bleue, NOVEC et SOFECO. La composition du groupement traduit la diversité des compétences nécessaires à un projet offshore, dont la faisabilité dépend autant des conditions maritimes que de la capacité du territoire à accueillir les équipements, les opérations logistiques et les infrastructures électriques nécessaires.
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Le programme d’études couvre ainsi au moins six grands volets: la ressource éolienne, la chaîne d’approvisionnement, les ports, le raccordement, la réglementation et les impacts environnementaux et sociaux. Une telle couverture donne une indication sur le degré de complexité du dossier marocain.
Le choix d’Essaouira place également les capacités logistiques au centre de l’analyse. L’éolien offshore nécessite des équipements lourds, des opérations maritimes spécifiques et des interfaces portuaires adaptées. L’étude devra donc déterminer dans quelle mesure les infrastructures existantes peuvent intervenir dans la future chaîne de valeur et quelles adaptations seraient nécessaires en cas de développement effectif du projet.
Le raccordement, premier test économique
Le raccordement au réseau constitue un autre enjeu déterminant. Une capacité de production offshore ne peut avoir de portée économique sans infrastructure permettant d’acheminer l’électricité vers les zones de consommation ou vers les futurs usages industriels.
Cet enjeu est important pour le Maroc, car le coût final de l’électricité offshore dépend non seulement des turbines et des installations maritimes, mais également des ouvrages de connexion, des capacités du réseau terrestre et des solutions nécessaires pour absorber une production variable.
L’étude devra permettre d’identifier les contraintes techniques susceptibles d’influencer la dimension, la localisation ou le calendrier d’un éventuel parc.
La chaîne d’approvisionnement constituera parallèlement un indicateur de la part de valeur économique pouvant être captée au Maroc. L’identification des équipements et services susceptibles d’être fournis localement permettra de distinguer un projet reposant largement sur les importations d’un investissement capable de générer davantage d’activité industrielle et logistique sur le territoire national.
Le volet portuaire prend, sous cet angle, une dimension économique particulière. Les projets éoliens offshore mobilisent des opérations de manutention, d’assemblage, de stockage et de maintenance qui imposent des caractéristiques techniques spécifiques aux ports mobilisés. L’étude annoncée devra donc apprécier non seulement leur localisation, mais aussi leur aptitude à participer durablement aux différentes étapes du projet.
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Cette analyse peut également déterminer le degré de compétitivité d’une future filière marocaine. Une dépendance trop forte à des infrastructures ou à des équipements situés à l’étranger augmenterait les coûts logistiques et réduirait la valeur créée localement. À l’inverse, l’existence de capacités nationales adaptées renforcerait l’intégration économique du projet, sans garantir, à elle seule, sa rentabilité.
Le caractère offshore introduit aussi un enjeu réglementaire distinct de l’éolien terrestre. Les autorisations maritimes, l’occupation de l’espace, les usages concurrents du littoral et les règles environnementales devront être intégrés à l’équation économique. OWC précise ainsi que son mandat couvre explicitement le cadre réglementaire et les impacts environnementaux et sociaux.
Deux ans pour mesurer la faisabilité réelle
La durée de deux ans prévue pour l’étude montre que le Maroc demeure encore dans une phase de qualification du projet. Aucun élément communiqué par OWC ne permet, à ce stade, de conclure sur la capacité future du parc, son coût d’investissement, le prix de l’électricité produite ou un calendrier de construction.
L’implication de la BEI, associée à l’aval de Masen, place néanmoins le dossier dans une logique de structuration institutionnelle. Selon la publication d’OWC du 3 septembre 2026, l’objectif consiste à examiner de manière intégrée les principales conditions permettant d’envisager le premier projet éolien offshore marocain près d’Essaouira.
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Le résultat le plus déterminant des deux prochaines années ne sera donc probablement pas la confirmation de la seule qualité du vent. La véritable question portera sur la capacité du Maroc à combiner ressource énergétique, infrastructures portuaires, chaîne industrielle, réseau électrique et cadre réglementaire dans une équation économiquement cohérente.
L’éolien offshore ouvre ainsi un nouveau chantier de la transition énergétique marocaine, mais avec une contrainte différente de celle des projets terrestres: l’importance des infrastructures maritimes et du raccordement augmente fortement le nombre de paramètres susceptibles de peser sur la compétitivité finale. L’étude conduite par OWC devra précisément départager le potentiel théorique et la faisabilité économique.



