Élections de l’Ordre des experts-comptables: suspense total à la veille du scrutin du 21 mai

Le vote de ce jeudi 21 mai mobilisera les 887 experts-comptables inscrits à l’Ordre. Ils devront départager 41 candidats en lice pour les 11 sièges du futur Conseil national.

Les élections du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables se tiendront ce jeudi 21 mai dans un climat particulièrement tendu. À la veille du scrutin, la profession apparaît traversée par des lignes de fracture inédites, faisant de cette échéance un rendez-vous décisif pour l’avenir de l’instance.

Le 20/05/2026 à 16h21

Au cœur des débats, une question cristallise les tensions: celle de l’ouverture du capital des cabinets d’expertise comptable. Véritable pomme de discorde, ce sujet oppose des visions divergentes de l’évolution de la profession et s’impose comme l’un des principaux enjeux de cette campagne électorale.

À 24 heures du vote, la liste des candidats a déjà été réduite. L360 a appris que pas moins de cinq désistements ont été enregistrés sur un total initial de 41 candidats, ramenant leur nombre à 36. Selon plusieurs sources, d’autres retraits pourraient encore intervenir dans les dernières heures précédant le scrutin.

«Parmi les candidats ayant retiré leurs candidatures, certains n’ont pas fait campagne, ni approché les experts-comptables électeurs. Ils ont compris que leurs chances restaient minimes», confie un professionnel du secteur.

Ces désistements s’inscrivent dans un contexte de recomposition accélérée, marqué par la formation d’alliances et l’émergence de blocs aux intérêts distincts.

Trois pôles en concurrence

Au fil de la campagne, trois grandes tendances se sont dessinées. Une première dynamique est associée aux cabinets internationaux. Une seconde regroupe principalement des cabinets marocains. Une troisième est portée par une nouvelle génération d’experts-comptables.

Cette dernière s’est récemment distinguée en proposant un amendement relatif à l’article 33 du projet de loi sur la profession d’avocat, tout en multipliant les échanges avec les groupes parlementaires à la Chambre des représentants.

Fait notable, bien que le mode de scrutin reste individuel, la campagne a pris une tournure inédite, structurée autour de listes et de programmes. «Pour la première fois dans l’histoire de l’Ordre, on assiste à une véritable campagne entre listes. Une seule a d’ailleurs formalisé et diffusé un programme détaillé, celle de la nouvelle génération», souligne un expert-comptable.

L’intensité de la campagne tranche avec les pratiques habituelles de l’Ordre. Historiquement, les élections se déroulaient dans un climat de consensus, avec un candidat désigné en amont.

«C’est du jamais vu. Jamais les élections n’ont été aussi animées. Par le passé, il y avait toujours une concertation autour d’un candidat consensuel, et l’on connaissait d’avance le futur président. Cette fois-ci, le suspense est total», témoigne un responsable.

Sur les réseaux professionnels, notamment WhatsApp, les échanges se sont intensifiés, traduisant une mobilisation tous azimuts des candidats et des électeurs.

Vers un conseil fragmenté?

L’issue du scrutin demeure incertaine. Les interrogations portent notamment sur la composition du futur Conseil national. Sera-t-il homogène ou marqué par des clivages internes?

Ce point apparaît crucial pour la cohésion de l’instance. Une configuration trop hétérogène pourrait accentuer les lignes de fracture entre deux courants: d’un côté, les partisans d’une rupture avec le bilan du bureau sortant; de l’autre, les défenseurs de la continuité, alors que quatre des candidats en lice sont issus du Conseil actuel.

Dans ce contexte, le scrutin du 21 mai apparaît comme un tournant. Au-delà du renouvellement de la gouvernance de l’Ordre, il mettra à l’épreuve la capacité de l’institution à préserver son unité face aux défis à venir.

Les résultats devraient être connus tard dans la soirée du jeudi 21 mai, à l’issue du dépouillement.

Par Wadie El Mouden
Le 20/05/2026 à 16h21