Chaos logistique au port de Casablanca: la colère gronde chez les transporteurs

Des camions de transport routier de marchandises.

Revue de presseLa fermeture de plusieurs accès portuaires, combinée à des temps d’attente interminables, à des défaillances de manutention et à la précarité croissante de chauffeurs, plonge le secteur du transport routier de marchandises dans une crise profonde. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 16/09/2026 à 18h51

La situation logistique et opérationnelle au sein du port de Casablanca, l’un des plus grands ports d’Afrique, continue de susciter de vives inquiétudes parmi les professionnels du secteur, qui alertent sur les répercussions négatives de la fermeture de plusieurs accès et portes d’entrée et de sortie. Cette restriction, qui concentre le trafic sur un point unique, engendre des congestions routières d’une ampleur inédite, contraignant les chauffeurs à patienter jusqu’à douze heures juste pour évacuer les conteneurs. Un tel goulot d’étranglement apparaît en net décalage avec le volume d’affaires et l’envergure commerciale de cette infrastructure portuaire majeure sur le continent, constate le quotidien Al Akhbar de ce jeudi 17 septembre.

Pourtant, des efforts d’équipement ont été consentis, à l’instar de la mise en service de quatre scanners relevant des services douaniers en lieu et place d’un seul appareil auparavant. Néanmoins, les modalités de régulation de la circulation imposées sur place alourdissent considérablement le parcours des transporteurs. Les conducteurs se voient contraints d’effectuer de longues marches et d’emprunter des détours obligatoires les menant jusqu’à Aïn Harrouda pour atteindre la zone d’Al-Oulfa, plutôt que d’emprunter les axes directs. Cette aberration organisationnelle fait exploser les coûts de carburant et fragilise la viabilité financière des petites entreprises de transport, menacées à court terme par la faillite.

Au cœur de ces dysfonctionnements, rapporte Al Akhbar, les gestionnaires des sociétés de transport pointent du doigt la faiblesse des équipements ainsi que l’insuffisance chronique des effectifs au sein des entreprises de manutention en charge des opérations de chargement et de déchargement. Ces carences opérationnelles paralysent les chaînes d’approvisionnement, multiplient les temps d’attente à l’intérieur de l’enceinte portuaire et aggravent la détresse humaine des travailleurs et des investisseurs. Par ailleurs, la fermeture prolongée ou l’inaccessibilité des infrastructures sanitaires et des commodités de base au sein du port alourdit encore le quotidien difficile de ces professionnels.

La précarité de la profession se lit également sur les routes environnantes, où les chauffeurs font face à la menace constante de sanctions. Nombre d’entre eux se voient infliger des infractions et subissent le retrait de leurs permis de conduire par les éléments de la Gendarmerie Royale dès leur sortie du port.

Une telle situation découle directement du dépassement des heures de conduite réglementaires, un dépassement qui n’est pas le fait d’un choix, mais la conséquence directe de l’épuisement du potentiel physique des conducteurs et de l’engloutissement de leurs heures de travail légales dans des attentes interminables sur le terrain, à l’intérieur du port, avant même d’entamer les trajets sur les réseaux routiers régionaux et nationaux.

Les professionnels de la route dénoncent l’absence de protection sociale adéquate pour les chauffeurs se trouvant en situation d’activité suspendue. Cette vulnérabilité sociale se traduit par une accumulation alarmante d’arriérés financiers, des saisies sur les comptes bancaires et des blocages de fonds ciblant de nombreux conducteurs, souvent mis en œuvre sans le moindre préavis, refermant ainsi un étau étouffant sur des travailleurs déjà lourdement éprouvés par les dysfonctionnements structurels de la chaîne logistique.

Par La Rédaction
Le 16/09/2026 à 18h51