Législatives: la bataille électorale s’intensifie dans les provinces du Sud

Meeting électoral du PAM, avec plus de 17.000 participants, à Dakhla, le 6 septembre 2026. (S.Bouaamoud/Le360).

Revue de presseÀ Laâyoune, Dakhla, Boujdour et Smara, la compétition entre notables s’annonce âpre. Malgré l’enracinement des institutions, des partis et du fait électoral, la logique tribale et les solidarités familiales demeurent des ressorts déterminants du comportement électoral et de la formation des alliances. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 16/09/2026 à 19h08

À l’approche des élections législatives du 23 septembre, les provinces du Sud s’apprêtent à vivre une joute électorale où l’intensité de la concurrence entre notables le disputera à l’influence persistante des logiques tribales. À Laâyoune, Dakhla, Boujdour et Smara, les programmes politiques semblent devoir céder le pas aux affiliations claniques dans l’arbitrage final des urnes.

Ces dernières semaines, Laâyoune a ainsi été le théâtre de rencontres tribales appelant à une mobilisation massive autour du scrutin, rapporte Assabah de ce jeudi 17 septembre. Cette dynamique replace la tribu au cœur de la scène politique locale et rappelle le poids des liens familiaux et tribaux dans la structuration du comportement électoral, en dépit de l’ancrage progressif de la région dans l’espace des institutions, des partis et des consultations électorales.

La tribu ne se cantonne plus aux rôles sociaux traditionnels: ses réseaux se sont mués en canaux de communication avec les électeurs en période électorale. Cheikhs et notables s’appuient sur leur statut social et leur tissu relationnel pour inciter les citoyens à participer au vote, voire pour orienter le débat vers des candidats ou des choix déterminés.

Les lectures sociologiques des précédentes expériences électorales à Laâyoune révèlent que l’adhésion tribale demeure un facteur structurant dans la formation des alliances et la détermination des rapports de force, l’appartenance partisane n’étant pas nécessairement le seul déterminant du vote. Certaines candidatures et alliances locales pourraient ainsi subir l’influence des prolongements sociaux et familiaux des prétendants.

Se dessine également, en filigrane, la persistance de mécanismes de concertation traditionnelle au sein de la société sahraouie, notamment les conseils de notables et les cheikhs tribaux, qui ont historiquement constitué des espaces de débat autour des questions intéressant la collectivité. Certaines fonctions de cette structure sociale semblent aujourd’hui réinvesties dans un contexte différent, celui de la participation politique et des assemblées élues, écrit Assabah.

Il serait toutefois hâtif d’en conclure à l’effacement du choix individuel: l’appel à la participation est une chose, le vote en faveur d’un candidat précis en est une autre. L’activité observée ces derniers jours à Laâyoune révèle un chevauchement manifeste entre le politique et le social dans les provinces du Sud, où la concurrence partisane se croise avec les relations familiales, tribales et les réseaux d’influence locaux.

Par Hassan Benadad
Le 16/09/2026 à 19h08