TGV Marrakech-Agadir: le tracé se précise, craintes autour d’expropriations

Al Boraq, le TGV marocain.. DR

Revue de presseLe lancement officiel du projet de liaison ferroviaire à grande vitesse entre Marrakech et Agadir ouvre une nouvelle ère pour l’aménagement du territoire et le développement économique du Royaume, tout en soulignant l’importance cruciale d’une concertation transparente avec les riverains et les propriétaires concernés par les procédures d’expropriation. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 16/09/2026 à 18h58

Le projet de liaison ferroviaire à grande vitesse reliant Marrakech à Agadir a officiellement franchi une étape institutionnelle majeure avec la publication, au Bulletin officiel, d’un décret gouvernemental déclarant d’utilité publique le projet et délimitant le périmètre foncier concerné. Cette décision insuffle une dynamique nouvelle à ce chantier stratégique, destiné à restructurer l’économie nationale, à fluidifier la mobilité des personnes et à renforcer l’attractivité de la région Souss-Massa au sein du réseau ferroviaire national, écrit le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 17 septembre.

Selon les données techniques communiquées dans le décret ministériel, le tracé global de la ligne à grande vitesse traversera les territoires des préfectures et provinces de Marrakech, Chichaoua et Agadir Ida Outanane, englobant également la liaison vers Essaouira dans le cadre d’un système ferroviaire interconnecté. Les estimations financières préliminaires évaluent le coût total de réalisation à environ 55 milliards de dirhams, une enveloppe confirmée par le ministre du Transport et de la Logistique, bien que ces chiffres restent provisoires dans l’attente de la finalisation des études d’ingénierie détaillée et des arbitrages budgétaires définitifs.

Au-delà de sa dimension logistique, la mise en place de cette infrastructure de pointe vise à réduire significativement les temps de trajet entre les métropoles du centre et du sud du Royaume, consolidant ainsi l’intégration territoriale et la compétitivité des filières économiques régionales. Le train à grande vitesse s’inscrit dans la vision globale de modernisation du réseau ferroviaire national menée en vue de l’horizon 2030, offrant un levier d’accélération pour les secteurs clés que sont le tourisme, le commerce et l’investissement productif à Agadir et dans l’ensemble de sa région, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.

Cependant, cette phase de concrétisation suscite des interrogations légitimes et une vigilance accrue de la part des acteurs locaux et des propriétaires fonciers. Des associations locales et des défenseurs des droits humains soulignent la nécessité absolue d’accompagner le processus d’expropriation par des garanties juridiques rigoureuses et des indemnisations équitables. Tirant les leçons des expériences passées marquées par des retards de compensation ou des imprécisions topographiques dans certaines zones de passage, les observateurs appellent à une transparence totale dans la consultation des documents et des plans d’aménagement.

Les représentants de la société civile rappellent que l’adhésion des populations riveraines et des propriétaires menacés par le tracé repose sur le respect scrupuleux de la légalité et sur l’équité des compensations financières. Tout en affirmant qu’aucun propriétaire ne s’oppose par principe à un projet d’intérêt national d’une telle envergure, ils insistent sur l’impératif de préserver les équilibres sociaux, de valoriser les activités économiques locales et d’éviter que les procédures d’expropriation ne se traduisent par une précarisation des ménages concernés.

Dans cette perspective, les autorités compétentes sont invitées à maintenir un canal de communication fluide avec les administrés, en fournissant des informations précises et actualisées pour dissiper les craintes liées à l’impact foncier et résidentiel du tracé. L’enjeu réside désormais dans la capacité des parties prenantes à conjuguer les impératifs de planification technique et les exigences d’équité sociale, garantissant ainsi que le train à grande vitesse entre Marrakech et Agadir devienne non seulement un vecteur de prospérité économique, mais également un modèle de gouvernance territoriale inclusive.

Par La Rédaction
Le 16/09/2026 à 18h58