BCP accélère sa transformation digitale et africaine au GITEX Africa Morocco 2026

Le siège du groupe BCP à Casablanca. DR.

À l’occasion du GITEX Africa Morocco 2026, le groupe BCP a mis en avant l’accélération de sa transformation digitale, articulée autour de l’intelligence artificielle, du Cloud et des partenariats technologiques, tout en renforçant son engagement en faveur de l’inclusion financière et du développement d’un écosystème intégré à l’échelle africaine.

Le 17/04/2026 à 19h45

Le groupe BCP (Banque Centrale Populaire) a assuré une présence active au GITEX Africa Morocco 2026, qui s’est tenu du 7 au 9 avril à Marrakech, en marquant une nouvelle étape dans la mise en œuvre de sa stratégie de transformation.

Durant trois jours, le groupe a mobilisé l’ensemble de ses forces vives (dirigeants, métiers, filiales spécialisées et partenaires technologiques) pour incarner une dynamique collective: celle d’un groupe bancaire résolument engagé dans la transformation digitale et l’inclusion financière à l’échelle du continent.

«Cette participation s’inscrit dans une trajectoire stratégique claire à horizon 2030, fondée sur une transformation en profondeur, où le digital, l’intelligence artificielle et l’interopérabilité s’intègrent pleinement aux modèles opérationnels. L’objectif est d’offrir une expérience client plus fluide, inclusive et performante», a indiqué le groupe dans une communication.

Articulée autour de quatre axes majeurs — la banque augmentée, le digital banking, les services non financiers (NFS) et le développement africain —, souligne-t-il, cette participation s’est traduite par une série de prises de parole, de panels et de signatures de conventions stratégiques, témoignant d’une dynamique concrète de transformation orientée vers la création de valeur.

Une transformation portée par l’IA et le Cloud

La notion de banque augmentée, au cœur de la stratégie du groupe BCP, traduit une évolution du rôle de l’institution bancaire, souligne son top management. Il ne s’agit plus uniquement, explique-t-il, de proposer des services financiers, mais d’élargir le champ d’intervention pour répondre de manière plus fine et plus intégrée aux attentes des clients.

Pour y parvenir, l’institution a engagé un vaste programme de modernisation de ses systèmes d’information, dépassant le stade des initiatives isolées pour entrer dans une logique d’industrialisation de l’innovation.

Cette ambition repose sur des infrastructures technologiques robustes. Lors du salon, le groupe a officialisé trois partenariats stratégiques majeurs. Avec Huawei, il s’agit de renforcer les capacités Cloud et de traitement de données, indispensables à l’essor de l’intelligence artificielle. La collaboration avec Microsoft vise, quant à elle, à déployer des solutions d’automatisation et d’IA (intelligence artificielle) générative pour améliorer à la fois la productivité interne et la qualité du service client. Enfin, le rapprochement avec Mastercard consolide la position du groupe sur le terrain des paiements digitaux et de la monétique.

Étant donné que cette transformation numérique exige une confiance renforcée, le groupe souligne que la cybersécurité constitue un «pilier non négociable». En fait, alors que l’application mobile Pocket Bank est passée de 300.000 utilisateurs en 2015 à 3,5 millions en 2026, les tentatives de cyberattaques au Maroc ont quasiment triplé en un an, passant de 12 à 46 millions. Face à ce risque, le groupe BCP mobilise des technologies avancées de détection comportementale et de tokenisation, appuyées par l’IA pour prévenir les incidents.

Une offre digitale repensée pour les usages

De l’infrastructure aux usages, la transformation du groupe BCP prend corps à travers une gamme de services entièrement renouvelée. Pour les particuliers et professionnels, les applications Pocket Bank et Swipe offrent une interface intuitive permettant de gérer l’intégralité de ses comptes depuis un smartphone. Pour les entreprises, BPI Corporate simplifie la gestion des flux financiers, tandis que TradeNET et Pay Direct facilitent respectivement le commerce international et les paiements inter-entreprises.

Deux filiales technologiques assument, à cet égard, un rôle structurant. Payment Center for Africa (PCA) centralise et développe les solutions de paiement digitales communes pour l’ensemble du groupe à travers le continent. Maroc Traitement de Transactions (M2T) agit, quant à elle, comme un véritable facilitateur pour les fintechs émergentes, leur ouvrant ses infrastructures pour accélérer le lancement de leurs offres. Selon Omar El Mghari Idrissi, directeur général de M2T, cette dynamique bénéficie d’un écosystème complet, incluant le régulateur Bank Al-Maghrib et l’État.

Cette logique d’ouverture a été illustrée par quatre nouveaux partenariats dévoilés à Marrakech. Outre l’accord avec Mastercard, Pluxee Maroc va digitaliser ses titres restaurant et cadeaux sur le réseau Chaabi Payment. Wraqi transforme le même réseau en guichet administratif de proximité, permettant l’émission de certificats ou de procurations. Enfin, Skypay apporte une solution de paiement mobile par QR code interopérable, combinant agilité technologique et solidité réglementaire.

L’IA au service de l’inclusion financière

L’intelligence artificielle déployée par le groupe BCP ne se limite pas à l’optimisation des processus internes: elle s’impose également comme un levier stratégique pour atteindre des populations encore peu couvertes par la banque traditionnelle. Deux entités incarnent cette stratégie.

Attawfiq Microfinance cible les artisans, micro-entrepreneurs et acteurs de l’économie informelle. Grâce à l’IA, la filiale peut croiser des données comportementales et des historiques de transactions numériques pour évaluer la solvabilité au-delà des critères conventionnels.

En parallèle, la Fondation Création d’Entreprises (FCE) intègre l’IA pour affiner les diagnostics et personnaliser les parcours d’accompagnement des porteurs de projet. Comme le souligne Hassan Charaf, secrétaire général de la FCE, cette articulation entre soutien financier et appui non financier (conseil, formation, mise en réseau) est une singularité du modèle groupe BCP. L’objectif est d’utiliser la technologie pour aller vers ceux que les circuits classiques ignorent, tout en maintenant un accompagnement humain de proximité.

Un écosystème financier intégré sur le continent

Présent dans plus de vingt pays africains, le groupe BCP construit un écosystème financier intégré où chaque entité joue un rôle précis. En Afrique de l’Ouest, la fintech Wizall constitue le premier point de contact pour les populations non bancarisées, leur permettant de digitaliser leurs revenus. Atlantic Microfinance For Africa (AMIFA), déployée en Côte d’Ivoire, prolonge cette logique en offrant un accès au crédit aux micro-entrepreneurs exclus de la banque traditionnelle.

Cette architecture en chaîne de valeur inclusive, rappelée par Koria Traoré (directrice générale d’AMIFA) et Armel Yao (directeur général de Wizall Holding), repose sur une combinaison entre banque digitale et banque physique. À l’horizon 2030, l’IA doit permettre d’affiner encore la connaissance client et d’étendre la portée géographique.

Enfin, le groupe BCP inscrit son action dans le développement des compétences. Un partenariat stratégique a été conclu entre BCP International et l’Université Internationale de Rabat (UIR). L’objectif est de faciliter l’accès des étudiants d’Afrique subsaharienne à un enseignement supérieur d’excellence au Maroc, via des solutions de financement adaptées. Selon Othmane Tajeddine, directeur général de la banque à l’international, ce mouvement, qui lie la recherche, la formation et l’application opérationnelle, est l’une des manières les plus durables d’ancrer l’innovation sur le continent.

Par La Rédaction
Le 17/04/2026 à 19h45