Escobar du Sahara: l’heure du verdict

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Revue de presseAlors que la chambre criminelle de Casablanca s’apprête à rendre son jugement de première instance, les avocats d’Abdenbi Bioui ont axé leur défense sur l’absence de liens matériels et financiers entre leur client et les saisies de drogue historiques. Ils qualifient au passage les accusations du «Malien» de faux témoignages. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 05/06/2026 à 20h30

L’affaire de l’«Escobar du Sahara» entre dans sa phase finale, l’énoncé du jugement de première instance étant désormais imminent. Ce dénouement devrait lever le voile sur les multiples répercussions d’un dossier qui suscite de vives réactions des plaignants comme des accusés, indique le quotidien Assabah dans son édition du weekend du 6 et 7 juin.

Lors d’une récente audience qui s’est tenue devant la chambre criminelle de première instance chargée des crimes financiers près la Cour d’appel de Casablanca, la défense d’Abdenbi Bioui, un des principaux accusés dans cette affaire, a poursuivi sa plaidoirie. Les avocats se sont appuyés sur les procès-verbaux établis par le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) afin de contester les accusations de trafic international de drogue portées contre leur client.

La défense a insisté sur le fait que la procédure initiée en 2015 constitue la référence fondamentale de ce dossier, rappelant qu’elle concerne la saisie de trois camions transportant environ 40 tonnes de drogue. Cet événement, qui avait donné lieu à des procès-verbaux officiels et à plusieurs décisions de justice, découle d’une intervention du BCIJ basée sur des informations de renseignement précises, ayant conduit à l’interpellation en flagrant délit de neuf personnes dans une station-service de la région de Bir Jdid, rappelle Assabah.

Durant sa plaidoirie, qui a duré plusieurs heures devant le tribunal, la défense s’est interrogée sur les raisons pour lesquelles l’enquête s’est focalisée sur un seul des trois camions interceptés, estimant que la logique aurait voulu que les investigations s’étendent à l’ensemble des véhicules saisis. Elle a également souligné que les rapports de la police technique avaient identifié les propriétaires des camions saisis sans qu’aucun lien ne soit établi avec les accusés actuellement poursuivis dans l’affaire. Les avocats ont précisé que les faits liés à la saisie de camions de fabrication chinoise ne pouvaient être juridiquement ou factuellement corrélés aux événements de 2015.

Par ailleurs, la défense a affirmé que les investigations techniques portant sur les appels téléphoniques, les communications et les mouvements financiers n’avaient révélé aucun élément de preuve rattachant son client à la cargaison de drogue saisie, lit-on dans Assabah. Elle a également évoqué les témoignages de plusieurs personnes ayant comparu devant la cour qui ont confirmé que le nombre de camions concernés était de cinq, version appuyée par d’autres témoins ayant prêté serment.

Les avocats ont qualifié les déclarations faites par El Hajj Ahmed Ben Ibrahim, dit le «Malien», de faux témoignages ne reposant sur aucun fondement juridique, estimant qu’elles relèvent d’infractions réprimées par la loi. Enfin, la défense ne s’est pas limitée à une plaidoirie orale et a soumis au tribunal un mémoire écrit accompagné d’un disque compact et de documents illustrant l’opération de saisie de drogue dans la province d’El Jadida, afin d’appuyer ses conclusions visant à innocenter son client de toutes les charges retenues contre lui.

Par La Rédaction
Le 05/06/2026 à 20h30