Aïd Al-Adha à Fès: marchés très animés, mais tensions persistantes autour des prix

Aïd Al-Adha à Fès: abondance des moutons, mais les prix continuent de susciter la polémique. (Y.Jaoual/Le360)

Le 24/05/2026 à 15h26

VidéoÀ deux jours de l’Aïd al-Adha, les marchés de vente de moutons à Fès enregistrent une forte affluence, portée par une offre abondante et diversifiée. Si les éleveurs font état d’une hausse de la demande et d’un léger assouplissement des prix, de nombreux clients jugent les tarifs encore trop élevés, dans une atmosphère dominée par d’intenses négociations et des inquiétudes persistantes autour du pouvoir d’achat.

À deux jours de l’Aïd Al-Adha, les marchés et les points de vente des moutons à Fès et dans sa périphérie connaissent une activité très intense. Dès les premières heures de la matinée de ce dimanche, ils ont été pris d’assaut par une foule, entre éleveurs exposant leurs bêtes à la vente et acheteurs à la recherche du meilleur rapport qualié/prix, dans une ambiance marquée par une montée d’inquiétudes liées au pouvoir d’achat.

Entre ces deux acteurs du marché, les négociations sont de plus en plus difficiles, avec des positions éloignées en termes de prix, malgré une offre plus diversifiée des animaux proposés.

En effet, les races ovines marocaines les plus connues sont largement représentées, notamment Sardi, Timahdite, Béni Guil, D’man, aux côtés d’autres variétés locales. Les chèvres, les bovins, de différentes tailles, viennent compléter une offre jugée globalement abondante par les professionnels du secteur.

Les éleveurs interrogés par Le360 affirment, en fait, que la demande est nettement en hausse au cours des deux derniers jours par rapport à la semaine précédente. Ils estiment que cette progression a contribué à une légère baisse des prix, qui varient toutefois selon la race, le poids et la qualité de l’animal.

Les prix constatés varient généralement entre 3.000 et 8.000 dirhams. Les vendeurs affirment que ces niveaux sont normaux vu les coûts supportés tout au long de l’année, liés notamment à l’alimentation, aux soins, au transport et à l’élevage, soulignant que la commercialisation en période de fête intervient après plusieurs mois d’investissement.

Des ménages sous pression

En revanche, les consommateurs ne sont pas de cet avis. Plusieurs d’entre eux expriment leur mécontentement face à la persistance de prix élevés malgré l’abondance de l’offre. Ils estiment que les niveaux actuels dépassent les capacités du budget de nombreuses familles, en particulier celles à revenus modestes, habituées à des prix situés entre 2.000 et 2.500 dirhams par le passé.

Certains acheteurs affirment également que des moutons proposés à des prix compris entre 4.000 et 5.000 dirhams ne correspondent pas toujours, selon eux, à la valeur affichée. Ils attribuent cette situation à des pratiques de négociation jugées opaques, où les prix varient fortement selon les échanges avec les vendeurs, alimentant un sentiment d’incompréhension.

Pour certains acheteurs, la question ne se limite ni aux intermédiaires ni aux spéculateurs. Certains éleveurs sont également accusés de rechercher les prix les plus élevés possibles. Les consommateurs appellent ainsi à davantage de transparence dans la fixation des tarifs et à une meilleure régulation des transactions au sein des marchés de proximité.

Face à cette situation, beaucoup s’interrogent sur l’impact réel des mesures de soutien au secteur de l’élevage ainsi que sur les effets de l’abondance des pluies enregistrées durant l’actuelle campagne agricole. Selon eux, ces facteurs auraient dû contribuer à une stabilisation des prix. Entre attentes des ménages et logique économique des éleveurs, les marchés restent suspendus aux ultimes arbitrages des dernières heures précédant l’Aïd.

Par Youssra Jaoual
Le 24/05/2026 à 15h26