Aïd al-Adha: le Béni Guil, star incontestée des marchés de l’Oriental

Vu dans les points de vente de l'Oriental, le Béni Guil s'affiche à des prix oscillant entre 4.000 et 6.000 dirhams pour cet Aïd al-Adha. (M.Chellay/Le360)

Le 23/05/2026 à 19h00

VidéoStar des marchés de l’Aïd dans l’Oriental, le Béni Guil attire les acheteurs. Cette année encore, la forte demande des consommateurs maintient les prix à un niveau élevé, entre 4.000 et 6.000 dirhams par bête. Réputée pour la qualité de sa viande et son élevage naturel dans les hauts plateaux, cette race locale continue de séduire les familles marocaines. Reportage.

À l’approche de l’Aïd al-Adha, le mouton Béni Guil s’impose comme la grande vedette des marchés de l’Oriental. Originaire des zones pastorales de Tendrara et de Figuig, cette race locale s’est imposée au fil des années comme un gage de qualité. Et malgré une hausse notable des prix cette année, la demande reste forte.

Sur les marchés, les prix oscillent généralement entre 4.000 et 6.000 dirhams, selon le poids et la qualité de l’animal. Les professionnels du secteur attribuent cette augmentation à l’engouement grandissant des consommateurs, particulièrement visible dans les espaces de vente organisés et les grandes surfaces.

Pour les éleveurs, le succès du Béni Guil repose avant tout sur la qualité de sa viande et sa capacité à s’adapter aux conditions climatiques difficiles de l’Oriental. Deux caractéristiques qui lui permettent de conserver sa place de choix à chaque saison de l’Aïd.

M’hammed Khraici, éleveur spécialisé dans l’amélioration de cette race et lauréat du prix de la meilleure unité de production de l’Oriental au SIAM de Meknès, estime que ce mouton fait partie intégrante de l’identité de la région.

«Cette race est réputée pour la qualité de sa viande et son adaptation parfaite à notre environnement. Elle se nourrit principalement de la Halfa et de la végétation naturelle de la région, ce qui influence directement le goût de sa viande», explique-t-il.

Le secret du Béni Guil réside justement dans son alimentation naturelle. L’animal se nourrit d’herbes sauvages, d’armoise (chih) et de plantes des hauts plateaux, ce qui donne à sa viande une saveur particulièrement appréciée.

«Sa viande rappelle celle du gibier, car cette race évolue dans les mêmes espaces que les gazelles sauvages. Aujourd’hui, les consommateurs savent reconnaître la qualité et cela explique cet engouement», ajoute l’éleveur.

De plus en plus, les acheteurs ne se limitent plus au poids ou à la taille du mouton, mais accordent une importance particulière à la qualité de la viande et au mode d’élevage.

À Oujda, dans plusieurs grandes surfaces, le Béni Guil connaît un franc succès aux côtés d’autres races populaires comme le Sardi ou le Bergui. Dans ces espaces organisés, la vente se fait au poids, à un tarif fixe de 77,5 dirhams le kilogramme, une formule jugée plus transparente par de nombreux clients.

«Le mouton Béni Guil doit sa réputation à son terroir et à son alimentation naturelle à base d’armoise et d’herbes des hauts plateaux», nous confie Youssef, responsable dans un espace de vente.

«Il supporte le froid, la pluie et même la sécheresse. Contrairement à d’autres races, il peut vivre toute l’année en plein air», ajoute-t-il.

Selon lui, les espaces de vente organisés attirent de plus en plus de clients, lassés des spéculations observées dans certains souks traditionnels. «Dans les souks, les intermédiaires font grimper les prix. Ici, le tarif est clair, le mouton est pesé devant le client et nous garantissons l’état de l’animal», précise-t-il. Les moutons proposés pèsent entre 50 et 90 kilos, même si la majorité des familles privilégie des bêtes de moins de 60 kilos.

Par Mohammed Chellay
Le 23/05/2026 à 19h00