Fès: les survivants racontent les instants de terreur avant l’effondrement de l’immeuble d’Aïn Nokbi

L’effondrement d’un immeuble résidentiel dans le quartier Aïn Nokbi à Fès: les recherches sous les décombres se poursuivent. (Y.Jaoual/Le360)

Le 21/05/2026 à 21h00

VidéoL’effondrement d’un immeuble résidentiel de quatre étages dans le quartier Aïn Nokbi, à Fès, a provoqué un lourd bilan humain de neuf morts et cinq blessés. Des rescapés et des témoins racontent les instants de panique ayant précédé la catastrophe, marqués par de violents craquements et des secousses soudaines, tandis que les recherches sous les décombres se poursuivent et qu’une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les responsabilités.

Le quartier Aïn Nokbi, relevant de l’arrondissement Jnane El Ward à Fès, a été secoué tôt ce jeudi matin par l’effondrement brutal d’un immeuble résidentiel de quatre étages. Le bilan provisoire fait état de neuf morts et de cinq blessés, tandis que les opérations de secours se poursuivent sous les décombres à la recherche d’éventuelles victimes.

Des survivants de la catastrophe ont livré, dans des déclarations pour Le360, des témoignages bouleversants sur les dernières minutes ayant précédé l’effondrement du bâtiment numéro 34. Ils évoquent tous de puissants craquements provenant des murs et des secousses violentes qui ont surpris les habitants avant que l’immeuble ne s’écroule entièrement en quelques instants.

Des témoins indiquent que le drame s’est produit dans une ruelle étroite du quartier, transformée en scène de désolation après l’effondrement complet du bâtiment. Ils ont affirmé que l’immeuble abritait 19 personnes réparties sur les quatre étages, parmi lesquelles figuraient également des visiteurs venus passer les vacances de l’Aïd al-Adha auprès de leurs proches.

Les témoignages recueillis sur place s’accordent sur la chronologie des faits. Les habitants décrivent un silence inhabituel brusquement interrompu par un bruit sourd provenant des fondations, avant l’apparition rapide de fissures sur les murs porteurs.

Khawla Lamtarfi, rescapée du drame, raconte avoir vu les fissures s’élargir brutalement sous ses yeux, dessinant des lignes inquiétantes sur les murs de l’appartement. Elle affirme avoir immédiatement alerté son mari ainsi que son père, venu de Marrakech. Tous ont tenté de fuir dans la précipitation, mais le plafond s’est effondré au moment où ils atteignaient la sortie, les ensevelissant sous un nuage de poussière et de gravats.

Un autre témoin, la voix étouffée par l’émotion, explique que l’effondrement n’a laissé aucune chance aux occupants de réagir. Il compare la scène à «un séisme localisé» ayant arraché le bâtiment de ses fondations.

Selon ce survivant, les premières minutes ayant suivi la catastrophe ont été marquées par des cris assourdis provenant des décombres. Les riverains ont alors tenté, avec leurs propres moyens, de dégager les victimes avant l’arrivée des équipes de la Protection civile.

Les opérations de secours ont toutefois été compliquées par la configuration du quartier, l’étroitesse des accès menant au lieu du sinistre ayant ralenti le déploiement des engins et des équipes spécialisées.

En parallèle, les structures hospitalières de la ville ont été placées en état d’alerte maximale pour prendre en charge les blessés. Ali Moulay Ismaïl, directeur des hôpitaux Al Ghassani et Ibn Al Khatib, a indiqué que les victimes transférées en urgence ont bénéficié d’un protocole médical accéléré comprenant des examens radiologiques et des interventions chirurgicales spécialisées.

Expertise technique et enquête judiciaire

Dans une déclaration pour Le360, le responsable médical a souligné que l’état psychologique des survivants est particulièrement préoccupant, plusieurs blessés étant encore sous le choc après avoir assisté à des scènes de mort et d’effondrement.

Les autorités ont également entrepris des mesures de sécurisation autour du site de l’effondrement et ont procédé à des travaux de consolidation au niveau des bâtiments voisins afin d’éviter tout risque de nouveaux écroulements.

Des experts du Laboratoire public d’essais et d’études se sont également rendus sur place pour évaluer l’état technique et structurel des immeubles adjacents. Des prélèvements de sol et des analyses des matériaux de construction ont été lancés afin d’identifier d’éventuelles défaillances structurelles.

Par ailleurs, le parquet compétent a ordonné l’ouverture d’une enquête approfondie pour déterminer les responsabilités techniques et légales liées à cette catastrophe.

Dans le quartier Aïn Nokbi, la colère et l’émotion restent vives. Plusieurs habitants réclament l’ouverture de poursuites contre toute personne dont la négligence, le défaut d’entretien ou le non-respect des normes de construction pourrait être à l’origine de ce drame humain qui a profondément bouleversé la ville de Fès.

Par Youssra Jaoual
Le 21/05/2026 à 21h00