À quelques mois des élections législatives prévues en septembre prochain, un débat organisationnel agite la direction du PJD autour de l’annonce faite par son secrétaire général, Abdelilah Benkirane, de sa volonté de se porter candidat dans une circonscription électorale de la région de Rabat-Salé-Kénitra. Ce débat porte principalement sur l’éthique de cette candidature, indique le quotidien Assabah dans son édition du weekend des 23-24 mai. Est-elle logiquement acceptable sur le plan organisationnel? Est-elle politiquement et moralement justifiable, surtout si l’on considère la responsabilité politique passée de Benkirane en tant que chef du gouvernement?
Les défenseurs de la candidature de Benkirane soulignent son droit de se présenter aux élections, arguant qu’il s’agit de tester sa popularité, comme le prévoient la plupart des systèmes démocratiques, qu’ils soient parlementaires ou présidentiels. Ils rappellent qu’aucun obstacle juridique ne s’y oppose, Benkirane étant un citoyen marocain pleinement éligible, comme tout autre Marocain.
Dans les coulisses du PJD, les discussions internes s’intensifient à l’approche des législatives de septembre 2026. Selon Assabah, un courant au sein de la formation s’oppose fermement à un retour d’Abdelilah Benkirane en première ligne des candidatures électorales. Plusieurs figures dirigeantes, lors de réunions organisées à huis clos, ont exprimé leurs réserves quant à cette candidature, invoquant une «lecture réaliste de la conjoncture politique générale». Par ailleurs, des signaux indirects en provenance de l’extérieur du parti ne semblent pas favorables à son retour comme candidat en 2026.
Ce courant cherche à adopter une position organisationnelle interne visant à empêcher Benkirane de se présenter. Pour ce faire, il s’appuie sur des données liées aux équilibres internes du parti, notamment à Salé. Les opposants à sa candidature estiment que les bases partisanes ne lui ont pas accordé un soutien large lors des consultations informelles qui ont précédé les débats sur les prochains scrutins.
Dans ce contexte, des sources partisanes évoquent des manœuvres menées par certaines figures organisationnelles pour convaincre Jamal El Mostapha de se lancer dans la course aux législatives, lit-on dans Assabah. Ce dernier est perçu comme une personnalité capable de rétablir un équilibre interne et d’empêcher toute tentative de présenter Benkirane comme la figure centrale de la liste électorale du parti.
Ces développements révèlent l’ampleur des tensions politiques et organisationnelles qui traversent le parti. D’un côté, un courant prône le renouvellement du discours et des visages dirigeants. De l’autre, certains continuent de voir en Benkirane une figure symbolique et populaire, capable de mobiliser une partie de la base électorale du parti, malgré les transformations du paysage politique marocain depuis les élections de 2021.




