Porté par l’Institut français du Maroc à travers son antenne de Marrakech, l’évènement inaugural de la Maison Denise Masson a réuni, samedi 3 octobre de nombreuses personnalités françaises et marocaines issues des milieux de la culture, de la recherche et des arts. Il marque une nouvelle étape dans l’histoire de cette demeure où Denise Masson a vécu près de soixante ans.
«Ce nouvel espace illustre à la fois toute la richesse de la relation franco-marocaine sur des sujets profonds comme le fait religieux, mais aussi l’important travail que réalise l’Institut français du Maroc avec ses partenaires pour rénover et moderniser la coopération culturelle entre nos deux pays», déclare Philippe Lalliot, ambassadeur de France au Maroc.
Lors de l'inauguration de l'Espace muséal Denise Masson le samedi 3 octobre 2026 à Marrakech (IF).
Née à Paris en 1901 et décédée à Marrakech en 1994, Denise Masson a consacré une grande partie de sa vie à l’étude des religions, à l’écriture et au dialogue interculturel. Elle est notamment connue pour sa traduction du Coran, publiée en 1967 dans la Bibliothèque de la Pléiade aux éditions Gallimard, qui demeure une référence dans le monde francophone.
Son attachement au Maroc s’est également inscrit dans les murs de la demeure qu’elle occupait à Marrakech. En 1984, elle lègue à l’État français ce riad du 19ème siècle, organisé autour d’un vaste jardin traditionnel, avec le souhait qu’il reste un lieu de transmission et de partage.
Depuis, la Maison Denise Masson est placée sous la responsabilité de l’Institut français à Marrakech, qui en assure la gestion, la conservation et la programmation culturelle dans le respect de l’esprit souhaité par sa fondatrice.
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Pour Chloé Goupille, la demeure conserve ainsi une double vocation. «Elle est à la fois lieu de mémoire et laboratoire d’idées, de recherche et de création. Cette maison s’affirme aujourd’hui comme un espace de rencontres au service d’un échange vivant entre les cultures et les générations», souligne-t-elle.
Résidences d’artistes et de chercheurs, conférences, rencontres littéraires, projections et expositions temporaires rythment déjà la vie de la maison. «Ces activités en font un espace de réflexion et de création ouvert aux grands enjeux contemporains: diversité culturelle, spiritualité, mémoire, création, transmission des savoirs et vivre-ensemble», ajoute-t-elle.
Avec son nouvel espace muséal permanent, la Maison Denise Masson entend désormais faire découvrir plus largement cette figure singulière. Le parcours s’appuie sur des archives inédites, des manuscrits, des correspondances, des objets personnels, des tableaux d’époque, des livres anciens ainsi que des récits de vie.
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L’ensemble permet de retracer le parcours de Denise Masson, mais aussi de mieux comprendre les liens qu’elle a tissés avec le Maroc et la place qu’elle a occupée dans le dialogue intellectuel et culturel entre les deux pays.
Cette nouvelle étape intervient après d’importants travaux de réhabilitation de la demeure, qui avait été fortement endommagée par le séisme de septembre 2023. «La rénovation de la Maison Denise Masson a notamment été rendue possible grâce au soutien de la Fondation de France et du fonds créé à la suite du séisme de septembre 2023», confirme Flora Boillot, directrice de l’antenne de Marrakech de l’Institut français.
La conception du parcours muséal a été placée sous le commissariat de Sylvain Treuil, directeur délégué de l’Institut français à Marrakech de 2022 à 2025, de Patrick Manac’h, cofondateur de la Maison de la Photographie, et de Manoël Pénicaud, chargé de recherche au CNRS et membre du Centre Jacques Berque.
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La scénographie a, quant à elle, été confiée au designer franco-marocain Younes Duret. Elle propose un regard renouvelé sur cette demeure située au cœur de la médina, tandis que les travaux de réhabilitation ont été conduits par le Q.G. Agence d’architecture et d’urbanisme.
L’inauguration s’accompagne par ailleurs de deux expositions temporaires. La première, «Interreligiosités marocaines», est signée Manoël Pénicaud en collaboration avec le Centre Jacques Berque. La seconde, «J’ai connu Dieu», est proposée par Youssef El Mekaoui en partenariat avec la Galerie 208 Paris-Marrakech.
L’Institut français du Maroc souligne enfin l’engagement de plusieurs partenaires aux côtés de la Maison Denise Masson, parmi lesquels Es Saadi Marrakech Resort, la Maison de la Photographie, le Musée du Parfum de Marrakech et Mustapha Blaoui dont le soutien a contribué au succès de ce lancement.







